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L'Histoire sous un autre Angle
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SAINT-EUSEBE

 

Dénomination

 

"Sanctus Eusebius - Ecclesia sancti Eusebii - Monasterium sancti Eusébii - S. Eusabius - Ecclesia parrochialis s. Eusebii in suburbio sancti Arnulphi." (R-S B)

 

Emplacement

 

« L'église S.-E. a dû se trouver vers le milieu de la place du général de Maud'huy. C'est ce qui résulte de la description des processions aux Rogations et à la Saint-Marc, où elle est nommée entre Saint-Bénigne et Saint-Symphorien. Ailleurs on dit qu'elle est située au faubourg de Saint-Arnould ou encore au sud de Saint-Symphorien. Saint-Eusèbe servait d'église paroissiale au faubourg Saint-Arnould, tout en dépendant de l'abbaye de Saint­Symphorien, dont l'abbé avait le patronage. » (R-S B)

Patron tutélaire

 

« Le titulaire était saint Eusèbe, évêque de Verceil, en Italie, grand défenseur de l'orthodoxie contre les Ariens et mort martyr (?), le Ier août 371. Sa fête est marquée au 16 décembre, dans le Martyrologe Romain, qui renvoie au 15 décembre, jour de son ordination, et au Ier août, jour de son décès. » (R-S B)

 

   Roch-Stéphane Bour fait suivre, à juste raison, le terme « mort martyr » d'un point d'interrogation :

 

« ... vénéré comme martyr à cause de ses souffrances de la part des ariens, mais il est hors de doute qu'il mourut en paix à Verceil. » (V d S)

 

Ce premier évêque de Verceil fut l'un des principaux défenseurs, en Occident, d'Athanase et de l'orthodoxie contre les ariens, durant la période 350-70.

 

"Appartenant à une famille aisée, Eusèbe se mit à voyager Il se fixa enfin définitivement à

Rome, où il joignit le clergé de la ville et fut ordonné lecteur, probablement sous le pape Jules ter. Eusèbe dut y faire la connaissance de S. Athanase, qui résida à Rome de 339 à 342, et assister au concile romain de 340, qui lui fit connaître la vraie portée du procès d'Athanase.

A une date qu'il est impossible de déterminer avec exactitude, Eusèbe devint le premier évêque de Verceil.. Nous ignorons de même les circonstances qui amenèrent Eusèbe dans cette ville importante de l'Italie du nord... La nomination d'un clerc romain au siège de cette ville assez proche de Milan nous fait croire à une intervention directe du pape Jules ler...

L'érection de divers diocèses dans cette région, du vivant ou peu après la mort d'Eusèbe, prouve bien que ces chrétientés connurent un développement important dans ces années, sans doute grâce à l'activité apostolique du grand évêque de Verceil.

Un autre fait bien attesté dans la vie de S. Eusèbe est l'introduction par lui de la vie commune auprès du clergé de Verceil... C'est pourquoi les chanoines réguliers l'ont vénéré, avec S. Augustin, comme le fondateur de leur institut...

Eusèbe entre dans la grande histoire dans les premières années du pape Libère, qui succéda à Jules ler en 352. La mort de Constant en 350 ayant livré l'Occident au pouvoir de Constance qui était pro-arien, les ennemis d'Athanase déclenchèrent une grande offensive contre lui, sous la conduite de deux évêques illyriens favoris de l'Empereur, Valens de Mursa et Ursace de Singidemum. Leur premier succès fut le concile d'Arles de 353, où, intimidés par la présence de l'empereur et par ses menaces, tous les évêques présents, et même les légats romains, signèrent le décret de condamnation d'Athanase. Seul, Paulin, évêque de Trèves, refusa et fia envoyé en exil en Phrygie." (V d S)

 

Le pape Libère n'accepte pas la décision du concile d'Arles et convoque un nouveau concile qui s'ouvre à Milan, au printemps de l'année 355. Eusèbe, à la demande du pape, y assiste et se joint aux délégués de Libère. Ces derniers seront mis en minorité. Mais assistons à la fin du concile :

 

...(Les évêques) "reçurent l'ordre de s'assembler au palais impérial, où Constance prit personnellement en main la direction du concile. Les résultats ne se firent pas attendre, comme jadis à Arles : ayant à choisir entre l'exil et la condamnation d'Athanase, les membres du concile cédèrent l'un après l'autre. Seuls, Eusèbe, Denys, Lucifer et les deux autres légats romains, le prêtre Pancrace et le diacre Hilaire refusèrent de signer et furent exilés sur le champ.

Le lieu d'exil fixé pour Eusèbe fut successivement, Scythopolis en Palestine, la Cappadoce et, finalement, la Thébaïde...

En novembre 361, l'empereur Constant mourut, et son successeur, Julien l'Apostat, pour des raisons politiques, permit à tous les évêques bannis de regagner leur siège..." (V d S)

 

Sur le chemin du retour, Eusèbe assiste au concile d'Alexandrie, convoqué par Athanase, y joue un rôle prépondérant et se rend à celui d'Antioche.

 

"Le retour d'Eusèbe en Italie et à Verceil fut célébré avec des transports de joie... Entouré de la vénération de ses ouailles et de toute l'Italie, Eusèbe reprit le gouvernement de son diocèse et continua, en même temps, à combattre les derniers restes de l'arianisme...

Eusèbe mourut le ler août 371. L'Eglise latine célèbre sa fête au jour anniversaire de son ordination, le 15 décembre (remise au 16, à cause de l'octave de l'Immaculée Conception." (V d S)

 

Stationnale

 

Trente-sixième station ; jeudi suivant le dimanche de la Passion.

 

Histoire

 

"Après le texte liturgique de Paris (liste stationnale de l'Eglise de Metz), notre église figure dans un contrat d'échange de 880 entre Wala, évêque de Metz, et Bovo, abbé de Gorze.

En 1444, lors de la guerre du duc de Lorraine et du roi de France contre la ville, S. -E. fut épargné, quoique situé assez près de Saint-Symphorien.

Mérite d'être mentionnée une lettre de 1501 par laquelle plusieurs cardinaux de Rome et plusieurs évêques accordent 100 jours d'indulgence aux personnes qui visiteront notre église : "parrochialis ecclesia s. Eusebii extra muros". Il s'agissait d'obtenir par des aumônes les ressources nécessaires pour y faire d'importantes réparations.

Au siège de 1552, elle disparut avec tant d'autres sanctuaires ; toutefois le titre continua encore, ainsi qu'il appert de deux pièces de nos archives (départementales) de 1640 à 1645. De cette dernière année, nous avons un acte par lequel Henri de Bourbon, évêque de Metz, transfère le titre de S.-E., situé "iuxta Sancti Symphoriani septa - à côté de l'enceinte de Saint­Symphorien" et dépendant de ce monastère, à l'autel de Sainte Marie-Madeleine dans l'église abbatiale de Saint-Symphorien (à l'intérieur de la ville), comme simple chapellenie ou bénéfice sous l'invocation des Saints Claude et Eusèbe." (R-S B)

 

"Chapelle de St-Eusèbe et de St-Goeric dans l'église de St. Symphorien. Il y avait autrefois dans la ville de Metz une église paroissiale sous l'invocation de St. Eusèbe : elle a été supprimée et érigée en chapelle sous l'invocation de St.Eusebe et de St-Goeric par M. Jean Royer, grand vicaire, qui l'unit à perpétuité à celle de St-Symphorien par acte du 8 novembre 1645, à charge aux religieux de dire une messe basse audit autel tous les dimanches et fêtes de l'année." (Fouillés)

 

Notre sanctuaire figure dans le manuscrit 268 de la Bibliothèque Nationale ; sa fondation, de ce fait, est antérieure au milieu du neuvième siècle. Mais à qui la devons- nous ?

Eusèbe, un saint essentiellement romain, introduit, ne l'oublions pas, "la vie commune auprès du clergé de Verceil". En outre, "les chanoines réguliers l'ont vénéré, avec S. Augustin, comme le fondateur de leur institut." A Metz, notre trente-septième prélat "établit" - selon les Bénédictins - "la vie commune parmi son Clergé. "Mais laissons-leur la parole :

 

"Le P. le Cointe prétend que Chrodegang, étant allé à Rome, y trouva la Regle des Chanoines ; qu'il l'apporta en France et se l'appropria en la faisant observer à son Clergé. Il se fonde sur un Manuscrit dont le titre est conçue en ces termes : Ici commence le Prologue de la Regle des Chanoines suivant l'Eglise Romaine."

 

En désaccord avec le Père Le Conne, les Bénédictins poursuivent :

 

"Mais sans nous arrêter à tirer des preuves du contraire, de ce que Chrodegang se déclare lui-même Auteur de cette Regle et que dans tous les tems les Historiens lui en ont fait honneur, nous nous contenterons de faire observer que, de l'aveu même du P. le Comme, la Regle des Chanoines suivant l'Eglise Romaine ne dure presque point de celle qui a été rédigée par l'Anonyme dont nous avons parlé ; que l'on juge maintenant laquelle des deux, de celle de Metz ou de l'Eglise Romaine, doit passer pour l'original I"

 

L'anonyme, en nous référant à nos historiens, "en retrancha tout ce qu'elle avoit de particulier à l'Eglise de Metz et y ajouta beaucoup de Statuts tirés principalement du Concile d'Aix-la-Chapelle tenu en 816. Sa Regle est divisée en quatre-vingt-six Chapitres, et quoiqu'elle ne fût qu'en partie de S. Chrodegand, il ne laissa pas de l'intituler du nom de ce Prélat."

 

Les Bénédictins admettent, sans restriction aucune, que Chrodegand introduit le chant romain, dans son Eglise. Or ils réfutent les allégations du père Le Conne concernant l'introduction de la Règle des Chanoines suivant l'Eglise romaine. Comme cette règle romaine préexistait à la règle messine et que nos historiens n'apportent pas la preuve du contraire, nous pouvons donc suivre le père Le Conne et admettre, à notre tour, que Chrodegand introduit la règle romaine, à Metz, tout en l'adaptant à son clergé.

Et pour réussir dans son projet, notre trente-septième évêque - simple conjecture de ma part - se met sous la protection de saint Eusèbe et lui dédie un sanctuaire.

La destruction de l'église Saint-Eusèbe, comme nous le rappelle la Petite Chronique des Célestins, entre dans la stratégie militaire du duc François de Guise, au cours du mois d'août de l'année 1552.

 

Anecdotes

 

Saint-Eusèbe, monnaie d'échange

 

Après la destruction de leur abbaye, au cours de l'année 1444, les religieux bénédictins de Saint - Symphorien se refirent à la Cour de Marimont, une "grande maison située au bout de la rue des Prêcheurs, au coin du Palais de Justice actuel." (R-S B) ; maison, aujourd'hui, disparue.

A l'étroit dans leur chapelle, Conrad Bayer de Boppart, notre soixante-dix-septième évêque, et son chapitre cathédral, leur cèdent l'église Saint-Hilaire-le-Petit, avec l'assentiment du desservant. En compensation de la perte de sa cure, ce dernier reçoit celle de Saint-Eusèbe.

 

Traditions populaires

 

"Saint Eusèbe: 14 août.

 

A la Saint-Eusèbe,

Au plus tard, fais battre la gerbe.

 

A la Saint-Eusèbe,

Ponte de poule est faible." (R d W)

 

SAINT-FÉLIX / SAINT-CLEMENT

 

Voir Saint-Clément

 

Patron tutélaire

 

Il ne s'agit pas de Félix, troisième de la liste de nos évêques, dont les restes reposaient dans la crypte de l'abbatiale, mais de Félix de Nole. Les reliques de notre évêque furent transférées, au cours du onzième siècle, dans la cathédrale de Bamberg.

Intéressons-nous à Félix de Nole :

 

« Saint et martyr. Martyrologe romain, 14 janvier. Ille s.

Félix, syrien par ses parents, naquit à Nole en Campanie, se consacra ou service du Seigneur, sous l'évêque Maxime qui l'ordonna prêtre. Au moment de la persécution de Dèce, les agents du pouvoir n'ayant pu saisir Maxime s'emparèrent de Félix, lui firent endurer de cruels supplices, l'enfermèrent en prison chargé de chaînes. Félix, délivré par un ange, alla porter secours à son évêque, se cacha jusqu'à la fin de la tourmente, fit élire un autre prêtre pour succéder à Maxime et alla vivre dans une modeste retraite où il mourut en paix vers 260. Il est néanmoins honoré comme martyr en raison de ce qu'il avait enduré sous Dèce. Les écrits de Paulin l'ont rendu célèbre." » (D H)

 

Dans un Dictionnaire hagiographique plus récent, nous lisons :

 

« Saint Paulin, l'évêque de Nole, nous a laissé un témoignage de la vénération populaire pour Félix. Culte confiné aux calendriers locaux en 1969. »

 

Paulin de Nole naît à Bordeaux et meurt évêque de Nole. Disciple et ami d'Ausone, il suit les cours de grammaire et de rhétorique de ce dernier à Bordeaux. Félix de Nole nous est-il connu par Ausone, lors de son séjour à la cour impériale de Trèves ?

SAINT-FIACRE

 

Dénomination

 

Sainct Fiacre - Saint Fiacre.

 

Emplacement

 

Entre les rues Mozart et Rabelais, à hauteur de l'avenue Leclerc de Hautecloque.

Patron tutélaire

 

« Fiacre (Fèvre - Fiachrach). Saint - 30 août.

Abbé. Originaire d'Irlande ou d'Ecosse, car les deux contrées le réclament, quitta son pays, vint en Gaule avec quelques jeunes gens, obtint de saint Faron évêque de Meaux la permission de se fixer dans la forêt de Breuil. Il y défricha un coin de terre qu'il transforma en jardin, construisit une cellule, un oratoire dédié à Marie ; là il s'adonna à la contemplation et au travail des mains. Remarquable par sa charité envers les pauvres, il partageait avec eux le fruit de ses travaux, fit construire près de son ermitage un hôpital pour les étrangers et surtout pour les malades qu'il servait lui-même. Il mourut le 30 Août 670. La châsse de ses reliques devint bientôt célèbre par les miracles opérés : elle fut transférée à Meaux en 1568. » (D H)

 

Dans un Dictionnaire hagiographique récent, je lis :

 

« Ayant reçu beaucoup de disciples, il leur construisit l'abbaye de Breuil. La châsse de saint Fiacre est toujours un but de pèlerinage. Patron des jardiniers, il est souvent représenté avec une bêche »

 

Stationnale

 

Non.

 

Histoire

 

Le fait que la chapelle soit dédiée à saint Fiacre ne se rapporte nullement à une confrérie de jardiniers, comme nous le verrons ci-après. Pour comprendre cette dédicace à saint Fiacre, suivons, en compagnie des Bénédictins, les événements qui se déroulent à Metz, au cours de l'année 1153 :

 

« Depuis quelque temps les Seigneurs voisins de la ville de Metz, à la tête desquels se trouvait Renaud II, Comte de Bar, ravageoient son territoire, et faisoient, par-tout d'horribles dégâts. Les Messins, enfin fatigués de ces incursions, et ne pouvant plus souffrir ces insultes, marcherent contr’eux. Le combat se donna en 1153, à Thirey, près de Pont-à-Mousson ; ceux de Metz, quoique plus nombreux furent défaits. Il en périt environ deux mille, tant tués que noyés dans la Moselle ; mais cette défaite, loin de leur abattre le courage, ne fit que les irriter Ils se préparoient même à tirer vengeance de leurs ennemis, lorsque Hillin, Archevêque de Treves, prévoyant les maux infinis prêts à fondre sur toute la Province, alla à Clairvaux se jetter aux pieds de saint Bernard, pour le conjurer de venir au secours de ce peuple affligé. Heureusement que le saint Abbé, après avoir été à la mort, se portait un peu mieux depuis quelques jours. Il suivit l'Archevêque, et prit la route de Metz.

Lorsqu'ils furent arrivés sur les lieux, on convint de tenir une conférence sur le bord de la Moselle, mais au moment que saint Bernard passait des uns aux autres, pour tâcher de concilier les esprits, ceux du parti du Comte de Bar, comme transportés tout-à-coup de fureur, se retirerent sans lui dire mot, non par mépris, dit l'Auteur de la vie de ce saint, mais par respect et dans la crainte qu'il ne les forçât, en quelque sorte, malgré eux, à se rendre, s'ils demeuroient plus longtemps en sa présence.

Saint Bernard, peu frappé de ce contretemps, dit aux deux Religieux qui l'avaient suivi :

 

« Ne vous troublez point ; la paix se fera, quoiqu'avec beaucoup de difficultés. »

 

En effet, vers le milieu de la nuit, il reçut une députation de la part des Seigneurs qui suivoient le parti de Renaud, et qui se repentoient de leur retraite. On se rassembla et on traita de la paix pendant quelques jours. Les difficultés furent grandes et firent traîner l'affaire en longueur ; mais ce délai fut utile à plusieurs malades auxquels le saint rendit la santé. L'importunité de la multitude, attirée par ses miracles, devint même si grande que, pour s'en garantir, il fallut chercher une Isle au milieu de la riviere où les principaux des deux partis passaient en bateaux, où l'on termina la conférence.

Parmi les malades guéris en cette occasion, il y eut une femme qui depuis huit ans étoit tourmentée d'un tremblement violent de tous ses membres. Elle vint se présenter au saint dans le tems qu'on désesperoit presque de la paix. La vue de sa misere attira l'attention de tous les assistans. Ils virent, pendant que le serviteur de Dieu priait pour elle, son tremblement diminuer peu à peu, et enfin cesser totalement. Les plus endurcis en furent tellement touchés, qu'ils furent près d'une demi-heure à témoigner leur surprise par des exclamations et par des larmes.

L'affluence du peuple, qui s'empressoit à baiser jusqu'aux traces des pieds du saint, ayant obligé un jour de le mettre dans une nacelle et de l'éloigner de terre, les Seigneurs qu'il etoit allé joindre à l'ordinaire pour les exhorter à la paix disaient en soupirant :

 

« Il faut bien que nous écoutions celui que Dieu exauce si visiblement, et pour qui il fait de si grands miracles à nos yeux. »

 

« Ce n'est pas pour moi" - dit saint Bernard – « mais pour vous que Dieu opere ces merveilles. »

 

Le même jour, il vint à la ville pour presser l'Évéque et le peuple à la paix, et guérit une femme paralytique qui lui avoit été apportée sur un lit, et qui s'en retourna à pied.

Une autrefois il guérit un aveugle, et quelque temps après un jeune homme perclus de ses membres depuis les reins jusqu'aux pieds. Tant de prodiges acquirent à saint Bernard une si grande autorité qu'il fit enfin conclure la paix pour laquelle il étoit venu à Metz. »

 

Et le chroniqueur de nous apprendre que :

 

« Aussy niellent (veulent) aulcuns (quelque uns) dire que cette paix fut faicte devant la porte Serpenoize, au lieu où à présent est la chapelle sainct Fiacre. Et fut proprement le jour dudit sainct Fiacre : pourquoy, à l'honneur de luy, en ce lieu on fit faire cette chapelle. »

 

Au cours de la Guerre des Quatre Seigneurs (1324-1326), guerre qui oppose la ville de Metz à Jean de Luxembourg, roi de Bohème, à Ferry, quatrième du nom, duc de Lorraine, à Edouard, premier du nom, comte de Bar, ainsi qu'à Baudoin, archevêque de Trèves, les mercenaires de ces quatre seigneurs détruisent une chapelle dédiée à saint Fiacre, en nous référant aux Bénédictins :

 

« Parmi les différentes maisons détruites durant la guerre du Roi de Boheme, il s'en trouvait une située sur la Seille, appelée 'la folie", et dans laquelle il y avoit une chapelle où reposoient les reliques de saint Fiacre. A l'approche des ennemis, ces reliques furent transportées dans l'Eglise de sainte Glossinde pour y rester jusqu'au rétablissement de la chapelle ; mais quand Jean Burtale, à qui elle appartenoit, et qui venoit de la rebâtir, se présenta pour les demander, l'Abbesse, Gertrude d'Oxey, les lui refusa et ne les lui remit qu'en vertu d'une sentence rendue par le Maître-Echevin Pierre Toupat, le mardi avant la saint Jean-Baptiste 1335. »

 

Or la Folie se situait avenue André Malraux, peu avant l'intersection de cette artère et de la rue Aimé de Lemud (dans le prolongement de la rue Auguste Prost). Il s'agirait donc, d'un second sanctuaire - une chapelle castrale - dédié à saint Fiacre et détruit, à la fin du mois de septembre 1324, par les Quatre Seigneurs qui dressent leurs tentes et leurs pavillons à Fleury, comme nous le relatent les Chroniques messines :

 

« ... Et fut lors (alors) le feu boutté (mis le feu) à Pouilley et à Magney et eux (aux) moistresses et gaingnages (métairies et fermes) à l'entour. »

 

Quant à la chapelle Saint-Fiacre, près de la Porte Serpenoise, sa disparition - comme nous le rappelle la Petite Chronique des Célestins - entre dans la stratégie du duc François de Guise, au cours du mois d'août de l’année 1552.

  

 

 

Selon les Pouillés du Diocèse de Metz, les Sept de la Guerre[1] nommaient à cette chapelle. Et cette dernière aurait été annexée à l'hôpital Saint-Nicolas :

 

« Chapelle de St-Fiacre, située dans l'église de l'hôpital St.-Nicolas. Les institutions de 1700 sont les dernières qu'on ait données pour cette chapelle. » (Pouillés)

 

Le fait que les Sept de la guerre patronnaient le sanctuaire prouve, si besoin était, qu'ils sont bien à l'origine de l'édification de ce dernier et non les mésoyers.

 

Traditions populaires

 

« Fiacre (Saint) 30 août

Saint Fiacre est le patron des mésoyers (maraîchers) messins. Depuis quelle époque ? Nous l'ignorons. Suivant Charles Abel, les jardiniers de la banlieue de Metz venaient - après la destruction de leur chapelle, en 1552 - déposer chaque année un gros bouquet de primeurs sur l'autel du saint patron, à l'église de Saint-Gengoulf[2]. Pendant que le cortège se rendait à cette église, les mesoyers et leurs compagnes auraient chanté :

Via I'mai, via le joli mai ! O mai, ô mai

Quand reviendras-tu ? Joli mois de mai,

M'apporter des feuilles

Pour nous torcher le c... »

 

 


[1]« A l'exemple des Treize, an appela Sept certaines autres compagnies composées de sept personnes, dont cinq étaient tirées des cinq Paraiges, et deux de celui de la commune...

Suivant un autre atour du premier Juin 1429, les Sept de la guerre faisaient, de concert avec le Maître-Echevin. les traités de paix et d'alliance avec les princes et les Seigneurs voisins. Ils traitoient avec les Capitaines et autres personnes qui s'engageoient au service de la ville. Ils connaissaient des crimes commis par les soldats et avaient la direction des prisonniers et des munitions de guerre. »(Bénédictins)

 

[2] Les Pouilles ne mentionnent ni chapelle ni autel, dédiés à saint Fiacre, dans la paroissiale Saint-Gengoulf, mais une chapelle dans l'église de l'hôpital Saint-Nicolas

Plan de l'emplacement de la Folie (Avenue André Malraux)

SAINT-GENÈS

 

Dénomination

 

« Sanctus Genesius - Ecclesia s. Genesii - Parrochia s. Genesii - S. Génois - S. Genoy. » (R-S B)

 

Emplacement

 

« Tout le monde connaît la vieille chapelle Saint-Genest située dans la Jurue, (ancienne) paroisse de Ste-Croix, qui mériterait une étude spéciale. Celle dont il est question ici, est beaucoup plus ancienne ; elle était située sur le parcours de l'église Sainte-Marie à Saint-Clément. Cet emplacement ressort de l'ordre suivi par les processions aux Rogations et à la Saint-Marc ; il est indiqué approximativement sur la planche II de l'Annuaire XIX (1907). » (R-S B)

 

Le sanctuaire se situait à l'angle formé par la rue de la Chapelle et la rue des Robert, dans l'ancienne propriété de la famille Amos.

Patron tutélaire

 

« Le titulaire n'est pas, comme on pourrait le croire, le célèbre martyr arlésien, mais, d'après la légende, le comédien qui subit le martyre à Rome, sous Dioclétien. Le martyrologe Romain marque sa fête au 25 du mois d'août Nos anciens calendriers ne sont pas absolument d'accord à ce sujet. Ainsi le manuscrit 82 indique dans le texte aussi bien que dans le calendrier la commémoraison pour le 24, la fête pour le 25

août : de même, le bréviaire de 1325; le manuscrit 132 (année 1240) et le missel de 1545 marquent simplement la fête au 25 août. Le nom du saint figure dans quelques litanies, par exemple, dans celles du bréviaire de 1325." (R-S B)

 

Avant de nous intéresser à Genès le Mime, martyr romain, il me faut vous définir et le manuscrit 82, et le manuscrit 132 de la Bibliothèque municipale. Roch-Stéphane Bour nous apprend que le manuscrit 82 :

 

« est le cérémonial de la cathédrale qui date de 1115 mais qui ne nous a été transmis que dans une copie de 1246. »

 

Auguste Prost, dans son Etude « La Cathédrale de Metz », me semble moins catégorique que l'auteur précité. Je vous fais grâce de sa démarche et ne vous communique que sa conclusion :

 

« Le Cérémonial du XlIe siècle devait donc remonter à une époque comprise entre 1149 et 1190...

Pour ce qui est de la copie, nous avons annoncé qu'elle est du XIlle siècle... à une époque comprise entre les deux dates extrêmes de l'épiscopat de Jacques de Lorraine qui va de 1239 à 1260. »

 

Laissons nos deux antagonistes se mettre d'accord sur les dates du manuscrit et de sa copie et intéressons-nous à la légende de Genés le Mime :

 

« Ce comédien jouait dans une parodie destinée à ridiculiser les chrétiens. Un jour qu'en présence de l'empereur Dioclétien il représentait sur la scène un chrétien à qui l'on donnait le baptême, il fut soudain touché par la grâce et se convertit. Ayant proclamé sa foi, il fut mis à la torture mais demeura ferme et mourut finalement décapité.

Qu'il y ait eu très tôt à Rome un culte rendu à S. Genès est incontestable : on possède une inscription provenant du couvercle d'un sarcophage trouvé dans l'église San Martino qu'on peut dater de la seconde moitié du IVe s. et dans laquelle est mentionné un S. Genesius ; sur un verre du Ve s. conservé au Musée du Vatican, trouvé dans une catacombe romaine, on voit représentés deux saints avec l'inscription : Genesius, Lucas ; et, à partir du VIIe s., les récits de pèlerins mentionnent fréquemment une église où est vénéré un S. Genesius martyr.

Toutefois, de la constatation d'un culte rendu à un saint à la présence de sa tombe en ce lieu, il y a de la marge. Et plus encore de la constatation d'un culte rendu à un S. Genès, à l'existence d'un martyr romain de ce nom, distinct du S. Genès d'Arles, dont on sait que son culte s'était répandu très vite au-delà des limites de la Gaule. » (V d S)

 

Contrairement à ce qu'avance Roch-Stéphane Bour, la critique historique moderne relève une confusion entre Genès, le greffier arlésien et Genès, le mime romain :

 

« Or, la similitude de noms et de dates est de nature à éveiller des soupçons et il semble d'ailleurs que dans la version primitive du Martyrologe hiéronymien[1], il n'y avait qu'une seule notice, celle de S. Genès d'Arles, et que les indications relatives au martyr romain ont été ajoutées ultérieurement. D'autre part, la Passion n'est pas seulement fort tardive - elle n'est pas antérieure au VIIe s. et devrait peut-être être reculée jusqu'au IXe - mais doit être rangée dans la classe des romans d'imagination et quand on l'examine de près, on constate qu'elle présente de grandes similitudes avec celles d'un autre mime martyr, oriental celui-là, Gelasinos dénommé également Gelasios. Dès lors, la plupart de ceux qui ont étudié la question avec un oeil critique (depuis Ruinart au XVIIe s. jusqu'aux bollandistes au XXe s. estiment que le Genès dont on a de nombreuses preuves qu'il a fait l'objet d'un culte à Rome n'était autre que le martyr d'Arles et que, dans la suite des temps, oubliant son origine étrangère, on finit par y voir un martyr autochtone auquel, à défaut d'une autre tradition – et pour cause ! - on aurait attribué une légende venue d'Orient, ce qui lui valut une nouvelle personnalité. Il s'agirait par conséquent, d'un simple doublet.» (V d S)

 

Stationnale

 

Trente et unième station ; samedi de la quatrième semaine du Carême.

 

Histoire

 

« L'église figure comme « paroisse » dans la charte d'Hériman de 1090 ; Elle dépendait de Saint-Clément. Le pape Innocent II confirme par une bulle du 27 avril 1139 à l'abbaye, entre autres :

 

« terram, quae in circuitu sancti Genesii usque ad parietes eiusdem ecclesiae adiacent. »

 

Pour la période suivante, je n'ai trouvé que la mention d'un ermite qui, en 1471, est dit logé près de l'église. Celle-ci fut « mise par terre » en 1552.

Tout récemment on a voulu trouver un rapport entre notre église S.-G. et le nom du canton de Genestroy. C'est encore un de ces rapprochements sur lesquels la science philologique préférera ne pas se prononcer. Nous sommes du même avis. Nous pensions également que S.- G. « devait bien s'accompagner de quelques maisons » pour la simple raison que c'était une paroisse. » (R-S B)

 

La commémoraison de Genès, le greffier d'Arles, se déroule, le 25 août (Martyrologe hiéronymien) ; celle de Genès, le mime romain, le 24 août (calendrier de Carthage). À Metz, il y a confusion entre ces deux dates, comme le relève Roch-Stéphane Bour ; et ce dernier de conclure :

 

« Nos anciens calendriers ne sont pas absolument d'accord à ce sujet. »

 

Il me reste à déduire que les fidèles, dans un premier temps, vénéraient le greffier; par la suite, le mime. Mais, comment expliquer cette évolution ?

Je situerais la fondation de Saint-Genès sous le règne de Brunehaut et sous l'épiscopat d'Aigulphe, notre vingt-sixième évêque de Metz, originaire du Midi de la France. Mais consultons les Bénédictins :

 

« Nous avons quelques autres lettres de S. Grégoire[2] qui nous instruisent de l'état où se trouvait alors l'église en Austrasie : ce pape en envoyant, en 595, le pallium à Virgile, Évêque d'Arles, son vicaire dans les Eglises de l'obéissance de Childebert[3], lui recommanda en particulier de s'opposer à la simonie et à l'ordination des Néophytes. Il donna en même terms avis à tous les Évêques d'Austrasie des pouvoirs qu'il venait d'accorder à Virgile, et leur ordonna de lui obéir. Il écrivit aussi au Roi Childebert, pour lui marquer qu'à sa demande il avait accordé le pallium à l'Évêque d'Arles, et pour le prier d'appuyer cet Évêque dans la réformation des abus dont il l'avait chargé. »


Comme un lien étroit existait entre Childebert, deuxième du nom, roi d'Austrasie, et Virgile, évêque d'Arles, la dévotion à ce saint arlésien peut remonter à cette époque...

Mais Chrodegand, notre trente-septième évêque, en raison de ses efforts pour mettre son Eglise au diapason de celle de Rome, substitue Genès, le mime romain, à Genès, le greffier arlésien..

 

Anecdotes

 

Saint-Genès ou Genestroy

 

Aucune chronique ne concerne le sanctuaire Saint-Genès, mais plusieurs s'intéressent au Genestroy, lieu de supplice par excellence : les Chroniques messines nous apprennent, en effet, qu en 1429 ainsi qu'en 1443 trente-deux suppliciés se balançaient au bout d'une corde.

Au cours de la guerre qui oppose, en 1405, une ligue de seigneurs à la ville de Metz, les ligueurs envoient :

 

« leurs courreurs ardre et boutteir le feu au Genestrois assavoir à la grainge Braidy (Bradin), à la grainge de Fristorff (Fristot-domaine du château de Frescaty), à la grainge et gaingnaige de Sainct Laidre. »

 

D'après les renseignements de nos Chroniqueurs, il s'agit du secteur de Frescaty, à la limite des communes de Montigny-lès-Metz et de Moulins-lès-Metz. Une chronique du 05 juin 1490 nous le confirme :

 

« ... les Lorrains, pour montreir leur vaillance, vindrent faire course assez près du Genestrois, au Savellon (Sablon), vers Sainct Privez, où ils accueillirent (ramassèrent) plusieurs chevaux et vaiches. »

 

On ne peut donc identifier Saint-Genès, paroisse du Quartier des Basiliques, à proximité de Saint- Clément, avec le Genestroy, lieu de supplice, aux confins des communes de Montigny-lès-Metz et de Moulins-lès-Metz.

 

Amuseur public

 

L'église paroissiale de Novéant-sur-Moselle est placée sous le vocable de saint Genest. Les habitants de Novéant - les bidets de Novian - expliquent ce patronage par le fait de l'appartenance du légionnaire Genest, amuseur public et musicien talentueux, à la légion romaine qui fonda leur village :

 

« De retour à Rome, Genest se convertit. Averti de la misère des chrétiens de Novéant, spoliés par les païens de Jouy-aux-Arches et de Corny, il revient dans le village qu'il avait vu naître et, dès son arrivée, se rend à Corny.

Grâce à sa virtuosité de musicien, il amuse les villageois (les Cornichons), leur soustrait un champ de blé ainsi qu'une belle forêt et profite d'y détruire un autel de Jupiter. Le lendemain, il remet aux chrétiens de Novéant le champ de blé, la forêt, puis disparaît. » (Légende relevée par Victor Jacob)



[1]Hiéronymien : de saint Jérôme

 

[2]Le pape Grégoire le Grand, premier du nom (590 -604)

 

   [3] Childebert II fils de Sigebert Ier et de Brunehaut, roi d'Austrasie (575-596)

SAINT-GOERY

 

Dénomination

 

« S. Goericus - S. Goeric - S. Goery - S. Gury. » (R-S B)

 

 

Emplacement

 

« L'église était située à peu près au milieu du faubourg Saint-Symphorien, à quelques mètres au sud de l'abbaye, comme le montre la planche II de l'annuaire XIX » (R-SB)

 

En nous référant au Jahrbuch de l'année 1907, Saint-Goery se situait boulevard Georges Clemenceau, à hauteur de la rue François de Guise.

Patron tutélaire

 

« Le titulaire de l'église, qui servait de paroisse aux habitants du faubourg Saint-Symphorien, est saint Goëry, évêque de Metz. Sa fête est fixée dans nos livres liturgiques au 19 septembre... »(R-S B)

 

« Appelé aussi Abbon dans le testament de Dagobert (636), il serait, d'après la douteuse Vita Goerici, le fils de Gomard, originaire d'Aquitaine, le neveu d'Aigulfe, évêque de Metz, et le proche parent de S. Arnoul. On dit aussi qu'avant d'entrer dans les ordres il était marié et père de deux filles. Atteint de cécité il aurait promis, s'il recouvrait la vue, de faire ériger une église en l'honneur du prince des Apôtres ; ayant été exaucé, il la fit bâtir en face de la cathédrale elle fut connue sous le nom de S. Pierre-le-Majeur, ou de S. Pierre-aux-Images. Goéric succéda à S. Arnoul en 629 quand celui-ci se retira dans son ermitage des Vosges. Lui-même aimait se rendre dans cette région où il passait de longs jours dans la méditation et la prière. C'est là sur les bords de la Moselle, en un lieu qui devait devenir Epinal, qu'il fit bâtir un monastère de chanoines en l'honneur de S. Maurice. En 641, il fit ramener à Metz le corps de S. Arnoul et le fit déposer dans l'église des SS. Apôtres qui devait prendre son nom en 717. Goëric mourut le 19 septembre d'une année qui peut être 643 ou 644 ; il fut inhumé en l'église de l'abbaye S. Symphorien avant d'être transféré vers 980 par l'évêque Thierry en l'église du monastère S. Maurice d'Epinal. Il est d'ailleurs le patron de cette ville. » (V d S)

 

Lorsqu'Amould démissionne du siège épiscopal de Metz, il fait élire, en ses lieu et place, Goëric. Les Bénédictins situent cet événement, en 626. Selon la critique historique moderne, Goëric succède Amould, en 629.

Les Bénédictins contestent, en outre, que notre trentième évêque soit le fondateur d'Epinal. Ils s'appuient sur quatre Vies de saint Goëric qui ne disent mot de cette fondation. Mais laissons-leur la parole :

 

« Le Manuscrit de S. Maximin (de Trèves) dit même expressément, que ce ne fut que plusieurs années après, que Thierri I, Évêque de Metz, entre plusieurs belles actions dont il illustra son épiscopat, fit bâtir un Monastère dans un lieu, nommé Spinal, situé dans le Chaumontois, entre une montagne et la rivière de Moselle ; qu'il le consacra à Dieu et à S. Goëric, et qu'il y transporta de Metz les Reliques de ce saint Evêque ; ce qui est confirmé par l'Auteur contemporain de la vie d'Adalbéron II, successeur de Thierri, qui rapporte le même fait mot pour mot. S. Goëric n'est donc pas le Fondateur. »

 

Nos historiens placent la mort de Goëric en 642 :

 

« Ce Saint Pasteur, après avoir gouverné l'Eglise de Metz pendant dix-sept ans, mourut le dix- septième de Septembre 642, jour auquel le Martyrologe de la Cathédrale en fait mention. Il fut d'abord inhumé hors de la Ville, dans l'Abbaye des SS. Innocens, connue depuis sous le nom de S. Symphorien, et dans laquelle on conserve son Chef dans un beau buste d'argent. Le reste de son corps fut transféré, au dixième siècle, comme nous l'avons dit plus haut, dans l'Abbaye des Bénédictins d'Epinal. »

 

Stationnale

 

Non

 

Histoire

 

« Nous ne savons que peu de choses de cette église. Son nom ne se trouve pas dans nos plus anciens documents. Voici ce qu'elle a dû être à son origine. Nous savons que le saint évêque Goëric a été enterré à Saint-Symphorien, nous savons aussi que l'évêque Thierry I (965-984) fit transférer ses restes sauf le chef à Epinal. Il est probable qu'on en a gardé encore d'autres reliques et qu'on a érigé cette église paroissiale du faubourg Saint-Symphorien pour honorer dignement celui qui avant la translation (vers 980) s'était distingué par ses miracles.

S.G. fut détruite dans cette guerre de 1444 dont nous avons parlé plus haut. Rebâtie peu après, car le chroniqueur mentionne un accident arrivé tout près, en 1500, l'église disparut définitivement en 1552 ; son titre fut réuni à celui de Saint -Eusèbe. » (R-S B)

 

Roch-Stéphane Bour classe ce sanctuaire dans les églises antérieures à l'an mil, mais n'en apporte aucune preuve. Or, il ne figure ni dans la liste stationnale du milieu du neuvième siècle, ni dans la liste stationnale des Rogations du onzième siècle, ni dans le Cérémonial du douzième siècle...

Quant à sa destruction, en 1444, - par voie de conséquence sa reconstruction - les Chroniques messines me semblent quelque peu imprécises :

 

« Aussy fut ordonné et commandé de abattre..,           l’église, monaistere et tout le bourg de St

Simphorien. »

 

La municipalité messine ordonne-t-elle de détruire l'église Saint-Symphorien ou l'église Saint Goëric ? Comme cette dernière existait encore en 1552, j'opterais pour la destruction de la seule abbatiale Saint-Symphorien, au cours de l'année 1444.

Le souvenir de cette paroissiale se perpétue sous forme de chapelle, et ce jusqu'à la Révolution, dans la nouvelle abbatiale Saint-Symphorien.

 

« Il y avait autrefois dans la ville de Metz une église paroissiale sous l'invocation de St Eusèbe : elle a été supprimée et érigée en chapelle sous l'invocation de St Eusèbe et de St Goëric par M. Jean Royer, grand vicaire, qui l'unit à perpétuité à celle de St-Symphorien par acte du 8 novembre 1645, à charge aux religieux de dire une messe basse audit autel tous les dimanches et fêtes de l'année. » (Pouillés)

 

La destruction de la paroissiale Saint-Goëric, comme nous le rappelle la Petite Chronique des Célestins, entre dans la stratégie militaire du duc François de Guise, au cours du mois d'août de l'année 1552.

 

Anecdotes

 

Règlement d'un différend

Pour régler le différend qui l'oppose à l'un des domestiques de l'abbaye Saint -Arnould, Simonin Girard, « un vigneron de devers la porte Serpenoize », décide de lui faire peur. Simonin « ung sien frere et ung aultre » tendent un piège au serviteur de l'abbaye, dans « la ruelle qui va à Sainct Gury ».

Comme le domestique revient d'abreuver un cheval du monastère et qu'il emprunte la ruelle, nos trois compères lui envoient une volée de traits dont l'un traverse la manche de sa robe, mais « sans touchier à la chair ».

La justice saisie, nos deux compères se retrouvent à l'hôtel du doyen, tandis que l'instigateur de cette embuscade prenait la fuite. Et notre chroniqueur de conclure :

 

« ...et en eulrent les deux chacun une oreille coppée au pont des Morts, le vingt huictiesme jour dudit mois d'apvril et furent bannis fuers (hors) de la terre de Mets. Et le dit Simonin fut huchié, le huictiesme jour devant, sus la pierre qu'il se venist escuser devant justice pour ledit fait : et pourtant qu'il n'y vint point ; il fut le vingt huictiesme jour d'apvril huchié et forjugié sur la pierre fuers de la terre de Metz. »

 

Traditions populaires

 

« Goeury (Saint) : 19 août.

A la Saint Goeury, la pluie

Annonce de la cherté de la vie. » (R d W).

SAINT-JEAN / SAINT-ARNOULD / LES SAINTS-APOTRES

 

  • voir Saint-Arnold

     

    Patron tutélaire

     

    « St. Jean. Saint. Apôtre et évangéliste.

    Ier siècle - Jean, fils de Zébédée et de Salomé, frère puîné de saint Jacques le Majeur, se désigne lui-même comme le disciple que Jésus aimait. Il était pécheur de Bethsaïâe, fut disciple de Jean-Baptiste, s'attacha des premiers à Notre-Seigneur, fit partie du collège des Douze, entra dans l'intimité du Divin Maître qui le fit témoin de sa Transfiguration, de la résurrection de la fille de Jaïre, de son agonie, montra un zèle ardent au service de Jésus et l'abandonna pourtant, comme les autres Apôtres.

    Au Calvaire, il reçoit Marie comme sa mère ; entre la Résurrection et l'Ascension, il se rend des premiers au tombeau : un mot de Jésus à saint Pierre au sujet de Jean mal interprété ne peut s'entendre que du prolongement de son existence sur cette terre. De fait, il résida à Jérusalem puis à Ephèse et là il fonda et gouverna des églises, jouit d'une autorité incontestée sur les églises d'Asie. Il composa son Apocalypse, son Évangile, ses Épîtres. La tradition nous apprend que pendant la persécution de Domitien il fut conduit à Rome et, devant la Porte latine, fut jeté dans une chaudière d'huile bouillante : l'événement est commémoré dans une fête le 6 mai (vers 95). Sorti sain et sauf de cette épreuve, il fut relégué à Patmos et plus tard reprit le chemin d'Éphèse, où il vécut jusqu'à une extrême. Vieillesse. Il mourut âgé d'environ 94 ans : l'église considère qu'il garda sa virginité et l'honore le 27 décembre. » (D H)

     

    Un dictionnaire plus récent, et plus nuancé, nous apprend que :

     

    « Une légende très ancienne veut qu'il fût plongé dans un chaudron d'huile bouillante, à Rome, sous Domitien, qu'il en sortît indemne et qu'il fût exilé ensuite dans l'île de Patmos. »

     

    Michel Mourre dans son Dictionnaire d'Histoire universelle va plus loin, mais laissons-lui la parole :

     

    « Les données traditionnelles de la vie de st Jean comme la paternité de son Evangile et de l'Apocalypse ont été vivement contestées par la critique moderne : pour certains (tels W. Bousset et H.B. Swete), Jean ne saurait être identifié avec « le disciple que Jésus aimait » et celui-ci n'aurait pas été un des Douze mais un simple disciple de Jérusalem. La thèse selon laquelle st Jean serait mort martyr de bonne heure, en même temps que son frère Jacques (44) a été également soutenue. L'attribution du quatrième Evangile à st Jean a pour elle une tradition qui remonte à la seconde moitié du IIe s. et qui est attestée notamment par st Irénée et st Clément d'Alexandrie. Cependant de nombreux critiques modernes (A. Loisy, R. Bultmann) mettent en doute l'unité de l'ouvrage, tandis que d'autres (entre autres Harnack) l'attribuent à un certain Jean le Presbytre, mentionné par Papias, qui vivait à Ephèse à l'époque de st Jean et qui serait également l'auteur des trois Epîtres. Dès le IIe s., l'attribution de l'Apocalypse à st Jean est attestée par st Justin et, plus tard, par Tertullien et st Hyppolite ; mais cette attribution a été très tôt mise en doute en Orient, non seulement par l'hérétique Marcion, mais par st Denys d'Alexandrie, Eusèbe, st Cyrille de Jérusalem, st Jean Chrysostome, etc. »

SAINT-JEAN-BAPTISTE

 

Dénomination

 

« S. Johannes - Basilica sanctissimi baptiste Johannis - Ecclesia sancti Joannis Baptistae - Templum Baptistae Christi - Ecclesia beati Joannis Baptistae - Ecclesia sancti Johannis in Sancto Clemente - Ecclesia sancti Joannis retro (ad) sanctum Clementem – S. Joannes ante Metim - S. Jehan - S.Jehan a S. Clemant - S. Jehan de S. Clement - S. Jehan Babtiste - S. Jean-aux-Champs - L'église Saint-Jehan. » (R-S B)

 

Emplacement

 

"En nous appuyant sur les indications topographiques fournies par les dénominations que nous venons de lire, nous devons chercher l'emplacement de notre église quelque peu au sud de Saint-Clément. Voici du reste les arrêts de la procession du troisième jour des Rogations : Cathédrale, Saint-Amand, Sainte-Marie, Saint-Genès, Saint-Clément, Saint-Jean, Saint- André, Saint Privat, etc. Celle de Saint-Arnould allait le même chemin, mais dans le sens inverse. Saint-Jean-Baptiste se trouvait donc sur le terrain appartenant aujourd'hui à Sainte­Chrétienne[1]. » (R-S B)



[1]Couvent Sainte-Chrétienne, aujourd'hui annexe de la mairie, rue Saint Bernard

 

Patron titulaire

 

« Jean-Baptiste. Saint. Le Précurseur. 24 juin. Ier siècle. Fils de Zacharie et d'Elisabeth, sa naissance fut annoncée par l'archange Gabriel, et Zacharie, qui reçut ce message fut frappé de mutisme, jusqu'au jour où l'enfant fut circoncis et où l'heureux père chanta les gloires du Très-Haut. Déjà le futur précurseur avait été sanctifié dans le sein de sa mère au moment où Marie portant dans son sein le Verbe Incarné était venue visiter sa cousine Elisabeth. Entré jeune au désert, Jean y demeura dans la pratique des plus austères vertus jusqu'au moment où, sur un ordre du Seigneur, il prêche un baptême de pénitence pour la rémission des péchés. Alors commence sa mission de Précurseur : il annonce le Messie comme déjà venu sur la terre, envoie ses disciples à Jésus et reste lui-même dans l'ombre. Dans une circonstance il a quitté sa solitude pour aller reprocher au tétrarque Hérode son inceste. Dès lors la vindicative Hérodiade ne se donne pas de repos jusqu'à ce qu'elle ait obtenu la tête de Jean-Baptiste : celui-ci est décapité dans sa prison, et ses disciples ensevelissent son corps. Deux fêtes rappellent son souvenir au cours de l'année, celle du 24 juin célèbre sa naissance sur la terre, privilège que Jean-Baptiste partage avec Jésus et Marie ; celle du 29 août célèbre sa décollation ou son martyre. Ses reliques trouvées au IVe siècle furent dispersées, on en vénère une partie à Alexandrie. Une partie du chef est dans l'église de Saint-Sylvestre à Rome : Amiens, depuis les Croisades, prétend en avoir une autre partie. » (D H)

 

Stationnale

 

Vingt neuvième station ; jeudi de la quatrième semaine du Carême.

 

Histoire

 

«L'église Saint-Jean-Baptiste servait de paroisse au faubourg de Saint-Clément ; elle porte le titre de « paroisse » dans la charte d'Hériman, de 1090. D'après l'interpolateur de Paul Diacre, au Xe siècle, saint Clément en serait le fondateur ; c'est ainsi que le veut la tradition... Il y avait un baptistère et beaucoup plus tard l'église aurait été desservie par une communauté religieuse. Etienne de Bar, évêque de Metz, confirme Saint-Jean-Baptiste à Saint-Clément, par une charte de 1130 ; de même Innocent IL par une bulle de 1139.

Il est assez curieux que dans les litanies récitées aux stations des Rogations on n'invoque pas dans notre église le titulaire, comme cela se pratique, à quelques exceptions près, dans les autres sanctuaires.

Durant le siège de 1552, Saint-Jean-Baptiste subit le sort de tant d'autres églises. Vers 1634, il restait encore « un monticule de décombres couvert d'orties et de chardons, autour duquel on découvre bien souvent, en bêchant la terre, des corps humains, d'une grandeur extraordinaire, » selon Meurisse. » (R-S B)

 

Le fait que cette paroissiale était dédiée au Précurseur signifie-t-il qu'un autre sanctuaire, situé à proximité, en l'occurrence Saint-Clément, servait jadis de siège épiscopal ? Quant aux Bénédictins, dans leur Histoire de Metz, ils situent Saint-Jean-Baptiste près de la Porte Saint-Thiébault. Mais laissons-leur la parole :

 

« La Basilique de Saint-Jean-Baptiste, également unie à l'Abbaye de Saint-Clément, étoit voisine de celle de S. Pierre-aux-Arènes ; elle étoit située sur le glacis à droite, près de la porte S. Thiébault ; c'étoit la seconde Eglise, bâtie à Metz par S. Clément, et destinée à servir de Baptistaire, c'est-à-dire, de lieu où l'on conféroit le Baptême. Dans les premiers tems le Baptistaire étoit une petite Eglise auprès d'une plus grande, comme le Baptistaire de Constantin près de S. Jean de Latran à Rome. Ces édifices étoient ordinairement de forme ronde et dédiés au Saint Précurseur. Il n'y en avoit que dans les Villes épiscopales, parce que les Évêques seuls, hors le cas de nécessité, administroient le Baptême aux deux Fêtes les plus solemnelles de l'année : Pâques et la Pentecôte. Il n'y en avoit même qu'un, mais assez considérable pour contenir plusieurs fonts baptismaux et plusieurs Autels, parce que la bienséance demandoit que les hommes fussent baptisés séparément des femmes, et qu'il étoit alors d'usage que les Néophites reçussent la Confirmation et l'Eucharistie immédiatement après leur Baptême.

Dans la suite les fonts baptismaux furent transférés dans les Cathédrales, en une Chapelle qui prit le nom de Baptistaire ; enfin les Évêques, pour faciliter l'administration du Baptême, accorderent aux Paroisses d'avoir des fonts baptismaux particuliers.

On ne sait pas précisément jusqu'à quel tems l'Eglise de S. Jean-Baptiste servit de Baptistaire ; mais on ne peut douter qu'elle n'ait joui de cette prérogative, tant que les Évêques exercerent les fonctions épiscopales hors de la Ville, soit dans la Basilique de S. Pierre-aux-Arènes, soit dans celle de S. Jean l'Evangéliste ce qui a duré jusques vers le commencement du sixième siècle, tems auquel l'Eglise de S. Etienne, située au centre de la Ville, devint, à ce que l'on croit, Cathédrale.

Quoiqu'il en soit, l'Eglise de S. Jean-Baptiste fut érigée en Paroisse vers le milieu du septième siècle par Abbon, Evêque de Metz, afin que les religieux de S. Clément, à qui elle appartenoit, et qui y faisoient les fonctions de Pasteur, ne pussent être empêchés ni inquiétés de personne. Elle a subsisté, comme celle de S. Pierre aux-Arènes, jusqu'au siège de Metz par Charles Quint »

 

Dans le Jahrbuch de 1907, Roch-Stéphane Bour établit un plan des environs de Saint-Arnould. Sur ce plan figure dans le bourg de Saint-Pierre et près de l’église prieurale Saint-Pierre-aux-Arènes, un édicule que l'auteur dénomme Saint-Jean-aux-Champs. Nos historiens de Metz confondent-ils Saint-Jean-aux­Champs avec Saint-Jean-Baptiste ?

 

Anecdotes

 

Haut fait d'armes

Un fait d'armes des écorcheurs, au cours de l'année 1443, prouve bien que Saint-Jean-Baptiste se situait près de Saint-Clément. Consultons, à cet effet, les Chroniques de la Ville de Metz :

 

« Le neufviesme jour du mois de jung, qui fut le jour de la penthecoste, une partie de ces gens, au nombre de deux mille et six cents chevaulx, sans les pietons, se partirent d'Airs et d'Ancey, et en vindrent (vinrent) droit en l'abbaye de St Clement, laquelle ils pillont et robbont (volèrent) du tout, prenant bleid (blé), pois, feibvres (fèves), sel, baccon (porc tué ou jambon), vaiselles d'or, d'argent et meubles, et puis bouttont le feu (mirent le feu) à la grant grainge (grange où l'on dépose le grain) dair (derrière) qui estoit empres (auprès de) l'esglise St Jehan, où il y avait alors plus de sept milliers de grants faixins (bottes), foins et aultres biens... »

 

Traditions populaires

 

« Pour que l'année soit bonne, il doit faire beau quinze jours avant et après la Saint-Jean. »

 

« Si les oignons de lis sont fleuris avant la Saint-Jean, la vendange se fera en octobre. »

 

« Les quatre jours avant la Saint-Jean indiquent le temps qu'il fera à la fin de l'été. »

 

« Autrefois, dans certains villages du Pays Messin, se célébrait joyeusement la naissance du bienheureux Jean-Baptiste. Des groupes de compagnons, parés de fleurs, se tenant par la main, allaient en chantant l'hymne de saint Jean, bannière en tête, au son de petites clochettes, sur la place du lieu. A la tombée du jour, on récitait à haute voix les prières propres du saint à qui il était rendu hommage... Ensuite, les danses commençaient aux aigres accords des ménétriers, et duraient jusqu'à minuit sonnant. A l'heure dite les clochettes tintaient toutes à la fois, le feu préparé près de l'image en bois du précurseur du Christ, et dit pour cette raison feu de Saint-Jean, était allumé. Pères, mères et jeunes filles se mettaient alors à table; les garçons faisaient alors le service... La fête se terminait par une collation abondante.

Saint Jean-Baptiste était le patron des bergers, des bouviers et des pâtres.

Les bergers et bergères avaient soin de tenir en main, pendant qu'ils sautaient au-dessus du feu de Saint-Jean une baguette de coudrier dont les feuilles avaient passé par les flammes de la bûle ; cette baguette servait contre les maléfices...

A Metz, la bûle de la Saint-Jean a disparu à la fin du 18e siècle. Elle avait sa légende. D'après cette dernière, la Cité de Metz fut atteinte, vers l’an 25 de l'ère chrétienne, d'un étrange mal ; une danse forcée que ni remède ni exorcisme ne pouvait guérir. Tout le monde dansait. On en était au fort de ce mal, lorsqu'un pieux chevalier vint à passer par Metz et prit logis dans une hôtellerie de la ville. (En réalité l'épidémie sévit au 13e siècle). A peine s'est-il couché qu'il aperçoit dans la cheminée de sa chambre un gros chat noir aux yeux étincelants, flamboyants. L'énorme stature de ce chat intrigue le chevalier qui d'un bond saute du lit, saisit son épée, fait le signe de croix et s'apprête à assaillir l'animal. Mais déjà le chat s'enfuit en proférant les plus horribles blasphèmes. A ces marques, saint Clément, le premier apôtre des Messins, reconnut le diable et « ordonna un autodafé estimant que Satan fort couard de sa nature craindra d'être saisi sous sa forme empruntée et se sauvera dans les flammes éternelles pour se soustraire à celles de ce monde ». Depuis ce temps, on alluma à Metz, la veille de la Saint-Jean, un grand bûcher et y brûla treize chats, le nombre fatal du démon. La même légende, contée dans sa forme plus récente, dit que le pieux chevalier reconnut le diable et que les magistrats de Metz décidèrent le lendemain, l'épidémie ayant soudainement disparu, de commémorer le miracle en brûlant, chaque année treize chats dans les flammes du bûcher de la Saint-Jean. Au 18e siècle, cette fête se célébrait encore en grande pompe. Le maître-échevin revêtu de son costume et des insignes de sa charge, accompagné des conseils- échevins, des députés des trois ordres, du major, de l'aide-major de la milice bourgeoise, des sergents de ville et de six hallebardiers, se rendait d'abord à l'hôtel du Gouvernement en Haute-Pierre où il était reçu par le gouverneur au son des fanfares et au bruit du canon de la place. La marche s'ouvrait ensuite par la musique de la ville et de la garnison, venait après la garde suisse, garde particulière du gouverneur, les six hallebardiers du maître-échevin et deux sergents de ville portant chacun une torche de cire blanche.

Puis venaient le gouverneur et le maitre-échevin marchant sur la même ligne, suivis des autorités civiles et militaires. Arrivés sur l'Esplanade, les deux chefs de la cité faisaient trois fois le tour du bûcher, surmonté des treize victimes dans une cage de bois, recevaient du major de place et d'un officier de ville les torches de cire blanche et mettaient le feu à la mèche d'artifice. La flamme s'élançait, brûlait la cage, et les chats à demi rôtis tombaient dans le brasier ou se sauvaient. Durant ce temps le peuple cri-ait : Noël, dansait en cercle la ronde de saint Jean. A la demande de la maréchale d'Armentières, les chats disparurent en 1777. Du reste, ils n'étaient qu'au nombre de six. Puisqu'il n'était pas facile de trouver le nombre de chats nécessaires, on les remplaçait par des lapins, comme le prouve une « Estat de la dépense faicte aux feux consacrés à la veille de la Saint-Jean » de l'année 1641. » (R d W)

SAINT-LADRE

 

Dénomination

 

Saint Lazarus - Sainct Ladre - Saint Ladre.

 

Emplacement

 

Pour déterminer l'emplacement du sanctuaire Saint-Ladre, il nous faut emprunter, à Montigny, la rue du même nom et remonter le temps. En partant de la rue des Loges, nous rencontrons, à l'entrée de cette artère et à main gauche, le « Château de la Haute Saint-Ladre ». En poursuivant notre promenade jusqu'à l'extrémité de la rue Saint-Ladre, nous tombons, à Marly, sur la « Ferme Saint-Ladre ». D'où ce dilemme : le sanctuaire se trouvait-il sur le territoire de la commune de Montigny ou sur celui de la commune de Marly ?

« Le plant de la ville de Mets selon sa vraye proportion » de l'année 1552 nous donne la réponse : sur ce plan, la « maladerie » se situe, en effet, au nord de « l'église de sainct Priech » (Saint-Privat), soit sur le territoire de la commune de Montigny. En conséquence de quoi, nous pouvons affirmer que l'église Saint-Ladre se trouvait à l'emplacement du « Château de la Haute Saint-Ladre », soit à l'angle des rues Saint-Ladre et Monseigneur Heintz.

Dans leur monographie de Montigny-lès-Metz, François Reitel et Lucien Art ne nous démentiront pas :

 

« ... Cet accueil des lépreux est l'une des caractéristiques de l'époque médiévale ; il a laissé des traces dans la toponymie puisque la "rue des Loges" actuelle, qui fait limite entre les communes de Montigny et Metz, rappelle la présence de ces loges : huttes où les lépreux trouvaient refuge. Le fait que cette rue se trouve à proximité de la léproserie du château de Saint-Ladre (à l'emplacement de l'actuel établissement scolaire Jean XXIII) n'est pas, bien entendu, le fruit du hasard. Une certaine confusion provient du fait que la léproserie Saint- Ladre possédait des biens sur le territoire de Marly et notamment la ferme Saint-Ladre, qui a été rasée tout récemment, et qui se situait entre le terrain d'aviation de Metz-Frescaty et le collège Jean Mermoz. »

Patron tutélaire

 

Si nous consultons une ancienne édition du Dictionnaire hagiographique, la rubrique « Ladre » nous renvoie à « Lazare ». Dans une récente édition de ce Dictionnaire, la rubrique « Ladre », n'y figure plus, aussi, nous faut-il considérer « Ladre »comme une corruption de « Lazare ».

En vieux français, un être humain, atteint de la lèpre, est soit un « lasre » soit un « ladre », parce que Lazare, le mendiant de l'Evangile, était couvert d'ulcères. Essayons de comprendre ce phénomène de corruption de langage.

Dans l'alphabet grec, la cinquième lettre « Z » - appellation dzêta - se prononce « dz ». Si nous syncopons (supprimons) le deuxième « a » de Lazare, phonétiquement nous obtenons « Ladzre ». La transcription phonétique de ce mot se traduit, à un moment donné, par « ladre » ou « lasre ». De la corruption passons, à présent, à la substitution.

Lazare de Béthanie, frère de Marthe et de Marie, que Jésus ressuscite, n'était pas couvert d'ulcères, alors que, dans la parabole du Riche et du Pauvre, ce dernier l'était :

 

« Et il y avait un mendiant, du nom de Lazare, qui gisait à sa porte, tout couvert d'ulcères... » (Luc XVI, 20)

 

Or, Antoine Furetière, dans son « Dictionnaire Universel » (1690), définit ainsi le mot « léproserie » :

 

« Hospital pour les lepreux qu'on nomme autrement Maladerie. Il y en France un tres-grand nombre de Maladeries dediées à Saint Lazare, à Sainte Marthe et à Sainte Magdelaine. »

 

Dans « Les Fermes-Châteaux du Pays Messin », Albert Haefeli nous apprend, à la rubrique Saint-Ladre, que :

 

« Comme presque toutes les léproseries de France, celle de Montigny était placée sous le vocable de Saint-Lazare de Béthanie, le ressuscité. Par contre, les Bordes étaient placées sous le patronage de Sainte-Marie-Magdeleine, sa soeur. »

 

Grâce au Cérémonial de la cathédrale (12e siècle) dont nous devons la découverte et l'étude à Auguste Prost, nous savons que, le troisième jour des Rogations, le cortège, parti de la cathédrale, se rendait entre autres « in ecclesia Sancti Lazari ante altare beate Marie Magdalene » (dans l'église Saint Lazare devant l'autel de la bienheureuse Marie-Madeleine).

A Metz, comme en France, Lazare de Béthanie ainsi que Marie-Madeleine, se substituaient, le premier à Lazare le mendiant de la parabole, la seconde à Marie, la soeur de Lazare de Béthanie.

Alors pourquoi ces deux substitutions ? Commençons par Marie-Madeleine :

 

« Les liturgies occidentales, principalement sous l'influence des récits de saint Grégoire le Grand, l'ont souvent identifiée avec la pécheresse anonyme ainsi qu'avec Marie, la soeur de Marthe et de Lazare. Cette identification, qui fut toujours refusée par la tradition et les auteurs orientaux, n'est plus acceptée maintenant par les savants occidentaux ni par le nouveau calendrier romain. » (D H)

 

Passons, à présent, à Lazare de Béthanie :

 

"Disciple et ami de Jésus, qui le ressuscite d'entre les morts. D'après la tradition grecque, il mourut évêque de Chypre. La tradition française, qui le met en rapport avec Marseille, ne semble dater que du XIe siècle et est probablement le résultat d'une confusion avec un des premiers évêques d'Aix-en-Provence, lui aussi du nom de Lazare. » (D H)

 

La substitution du pauvre Lazare de la parabole, que les Ethiopiens vénèrent comme saint, le 21 juin, par Lazare de Béthanie, trouve son explication dans le fait qu'il n'est pas un personnage historique, mais un personnage de parabole. Mais comment ce personnage de parabole devient-il le saint protecteur des lépreux ? Daniel Rops, historien de l'Eglise nous fournit la réponse dans l'Histoire de l'Eglise de la Cathédrale et de la Croisade :

"En 1099, au lendemain de la prise de Jérusalem par les croises, des nobles fondèrent l'Ordre de Saint-Lazare destine à soigner les lépreux en Orient..."

Michel Mourre place, dans son Dictionnaire d'Histoire Universelle, la fondation de cet Ordre hospitalier et militaire quelque vingt ans plus tard :

"Hospitaliers de Saint-Ladre. Ordre religieux et militaire établi par les croisés àJérusalem en 1119 et confirmé par le pape en 1255. Il eut pour mission originelle le soin des lépreux (c'est de son nom qu'est venu celui de lazaret) mais contribua aussi àla défense de la Terre sainte. L'ordre tirait son nom du mendiant Lazare, que Jésus, dans une célèbre parabole (Luc XVI - 19-31), oppose au mauvais riche. Les Hospitaliers de Saint-Lazare, introduits en France sous Louis VII, furent réunis en Italie àl'ordre de Malte (1490), en Savoie àcelui de Saint-Maurice (1572), en Francecelui de Saint-Michel (1693)."

Daniel Rops, déjà cite, confirme cette venue en France des Hospitaliers de Saint-Lazare :

"Louis VII les ayant vus à l’œuvre, en ramena douze en France ; bientôt leur congrégation prit une extension telle qu'elle ne possédât pas en Europe et en Asie moins de trois mille léproseries ; Innocent IV devait, en la réorganisant, en faire l'ordre des Chevaliers de Saint Lazare, qui subsista jusqu'à nos jours."

La biographie de ce saint, non historique, se résume donc à la parabole du riche et du pauvre Lazare (Luc XVI, 19-31).

Stationnale

Non

Histoire

La première mention de l'église Saint-Ladre remonte au douzième siècle le Cérémonial de la Cathédrale nous révèle, en effet, que le cortège s'y rendait, le troisième jour des Rogations, après une station marquée a Saint-Privat, mais avant celle prévue a l'abbaye Saint -Amould. L'édification de ce sanctuaire ne peut donc lui être postérieure. Auguste Prost nous donne, dans son étude, "La Cathédrale de Metz", quelques précisions sur la date de ce document :

"Que le cérémonial originaire flit du XIIe siècle, c'est ce qui résulte de deux particularités d’où l'on peut inférer qu'il est postérieur à1149, peut-être même 1163, et antérieur à1190. Il est postérieur à1149, parce qu'il y est question d'un riche ornement rapporté d'Orient par l'Evêque Etienne de Bar... Or on sait que l'évêque Etienne de Bar partit pour la croisade avec le roi de France Louis VII en 1147 ; et il en revint en 1149."

Intéressons-nous, a présent, au séjour de notre évêque en Palestine :

 

"Tout ce que l'on sait du voyage d'Etienne à la Terre-sainte", - selon les Bénédictins - "c'est qu'il assista avec l'Empereur Conrad, le Roi Louis VII, et les autres Princes croises, àl'assemblée générale d'Acre en 1148, pour délibérer sur l'entreprise qu'on devoit faire contre les infidèles, et dans laquelle il fut résolu d'assiéger Damas : siège qui fut sans succès, et après lequel la condition des Latins orientaux devint sensiblement plus mauvaise. Comme Etienne de Bar Soit parti pour la croisade avec le roi de France, on présume qu'il demeura en Syrie avec ce Prince, le reste de l'année, qu'ils passerent ensemble les Fêtes de Pâques de l'année suivante 1149 à Jérusalem, et qu'ils revinrent ensuite dans leur patrie."

 

A son retour de croisade, le roi de France ramène, dans ses bagages, douze Hospitaliers de Saint-Lazare, dont l'un vient à Metz - simple conjecture de ma part - avec Etienne de Bar et fonde la léproserie Saint- Ladre, entre 1149, date du retour de notre prélat, et 1163, date de sa mort. Cette fondation s'ajouterait, au cours de cette période, à quatre fondations d'établissements religieux : trois abbayes et une collégiale...

En 1246, la léproserie appartenait à un ordre religieux - les Hospitaliers de saint Lazare - puisque le maître de l'établissement appose, sur une reconnaissance de dette, un sceau représentant "un Abbé debout, crossé et mitré" (Preuves de l'Histoire de Metz). En 1269, nouvelle reconnaissance de dette par le "Maistre de la maison Saint-Ladre" (Preuves de l'Histoire de Metz). Mais, le 15 août 1284, la "Ville de Metz donne la Maison de S. Ladre à l'Hôpital S. Nicolas" (Preuves de l'Histoire de Metz).

Entre ces deux dernières dates, l'ordre religieux qui présidait à la léproserie la vend ou la cède à la Cité messine.

La destruction de l'église Saint Ladre, comme nous le rappelle la Petite Chronique des Célestins, entre dans la stratégie militaire du duc François de Guise, au cours du mois d'août 1552.

 

Anecdote

 

Aumônier de bonne famille

 

"Saint-Ladre accueillait essentiellement les lépreux des familles aristocratiques de Metz" - selon François Reitel et Lucien Arz, déjà cités - "En fait, le droit d'entrée exigé ne permettait guère qu'aux membres des familles des Paraiges d'être admis."

 

Si la léproserie Saint-Ladre n'accueillait que l'aristocratie messine, l'aumônier de l'établissement ne pouvait qu'appartenir à l'élite messine. Les Chroniques de la Ville de Metz nous le confirment :

 

"Le vingt septiesme jour d'aoust (de l'année 1466) molrut Pierre Roucel, filz seigneur Nicolle Roucel, l'annel (l'aîné), qui estait chai naine de la grande eglise de Mets de Nostre Dame la Ronde, prevost et chainoine de Sainct Saulveur et curé de St Laidre..."

 

Mort civile

 

Avant son admission dans une léproserie, toute personne atteinte de la lèpre, y subissait une "espreuve".

"Atteint et convaincu de ladrerie," le malheureux assistait à une cérémonie religieuse - sorte de funérailles - au cours de laquelle le curé de la paroisse lui signifiait plusieurs recommandations et sa mor t civile. Arrêtons-nous à cette dernière, en compagnie d'André Haefeli :

 

"Après la messe, le curé doit avoir une palle (pelle) à la main et à icelle (cette) palle, doit prendre de la terre du cimetière, trois fois et mettre sur la tête du ladre en disant :

"Mon ami, c'est signe que vous êtes mort quant au monde et pour ce avez patience en vous."

 

   Abbé lépreux

 

Comme il était difficile d'accepter cette mort civile, certaines personnes de qualité tentaient de se soustraire à cette épreuve :

 

Le 15 mai 1470, Nicolle Françoys, abbé de Saint-Vincent, "craindant que on ne le deut meneir à l'espreuve", abandonne son monastère, sans en avertir ses moines, et trouve refuge en "l'hostel de maistre Pierre Françoys, son peire."

Quinze jours plus tard, les seigneurs justiciers de la cité messine somment Pierre Françoys de ne plus donner asile à son fils et de l'envoyer "à l'espreuve à Sainct Laidre", dans un délai de "sept nuitz", sous peine d'une amende de cent livres messines.

"Mais avant les sept nuitz passées, ledit abbé print (prit) son despart et en alla demeurer à Sainct Martin devant Mets (abbaye du Ban-Saint Martin), et y fut trois sepmaines ou environ avant qu'il se partist et puis se partit sus (sur) une charette pour en alleir à Rome."

A Neufchâteau, "les gens de l'evesque de Mets" s'emparent de la personne de l'abbé de Saint-Vincent, le mènent au château de Nomeny "et illec fut detenu en jusques au dairien jour de juing (dernier jour de juin) qu'il fut delivré et jugié pour laidre, par les trois espreuves de Toul, de Verdun et de Trieve."

Dans quelle léproserie, ce mort-vivant se rend-il ? Les Chroniques ne nous le disent pas. Mais dans la liste nécrologique des Abbés de Saint-Vincent, Nicolle François est considéré comme mort en 1470.

Mariages

Au cours de l'année 1496, le pape Alexandre, sixième du nom, - l'illustre Borgia, père de six enfants - conteste l'élection d'Olry de Blâmont au siège épiscopal de Toul et excommunie le prélat, le chapitre cathédral et tous les fidèles, favorables à cette élection. La présence des excommuniés dans une localité entraînait ipso facto l'interdit sur cette dernière ; interdit qui ne se levait que trois jours après leur départ. Et nos Chroniques de nous apprendre :

"Dont il advint que, le jeudy, vingt quatriesme jour de novembre, il vint à Mets des gens de Toul, et incontinent les seigneurs du chappistre de la grant esglise cesserent le service divin, et aussy firent les aultres colleges et les paroisches et aultres esglises de Mets..."

Cette année-là, le premier dimanche de l'Avent tombait, le 27 novembre. Du premier jour de l'Avent jusqu'au 06 janvier - jour de l'Epiphanie -, les fidèles ne pouvaient plus contracter mariage. L'interdit qui rendait tout mariage religieux illicite ne s'appliquait pas aux sanctuaires de s hospices et des léproseries. Aussi voyons-nous des couples se rendre à Saint-Ladre, le samedi 26 novembre, "le dairien (dernier) jour des espousailles ", pour y entendre la messe et pour y recevoir la bénédiction nuptiale.

Fermier libidineux

"Le jour du grant vendredi" (Vendredi-Saint) de l'année 1511, une jeune fille, ancienne servante de la ferme de Bradin, accouche d'un enfant, chez ses parents, et incrimine "Mangin Fouille, moistrier (fermier) de ladicte Braidy" de sa grossesse. La mère de la jeune fille et la sage-femme se rendent à la ferme et présentent le nouveau-né à Mangin qui se refuse à reconnaître sa paternité. Nos deux commères abandonnent l'enfant et s'enfuient. Le fermier se met à leur poursuite, dépose l'enfant sur le bord du chemin et leur demande de le reprendre. Les femmes, convaincues que Mangin n'abandonnerait pas sa progéniture, s'en retournent chez elles. Mangin Fouille, convaincu de même rentre chez lui : ' parquoy le pouvre enffant demeuroit toutte la nuit en ce lieu."

Le lendemain matin, deux frères de l'Observance de Metz découvrent "cest enffant qui se moroit et estoit au dernier souspir ; car alors foisoit merveilleusement (extrêmement) toit. Si le prindrent (prirent) et l'apourterent en la devant dicte moisterie (ferme) de Braidy, et fut l'enffant reschauffé en de l ÿaue chaulde et mis à point. Puis, ce fait et que le couraige (vivacité, vie) fut quelque peu revenu, l'on le porta à Sainct-Ladre, et là fut baptisé, et incontinent ailes ce fait morut . pour laquelle chose ledit Mangin fut encusé (accusé) en justice et fut en grant dangier d’en estre puni corporellement. Toutefoisil fut mis à grosse amende et fut banni sept ans de la cité. »

 

 

 

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