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L'Histoire sous un autre Angle
L'Histoire sous un autre Angle

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Fig. N° 24 Doc. Amos - Décision du Conseil de Surveillance (28/10/1919)

Ce document nous révèle que :

 

  • un Conseil de Surveillance subroge Gustave Amos dans ses droits ;

  • Gustave Amos, remplacé dans ses fonctions par un directeur technique et par un directeur commercial, cesse définitivement son activité ;

  • la raison sociale de l'entreprise, en allemand jusqu'à ce jour, se francise.

       La fin de la Première Guerre mondiale n'apporte aucune bouffée d'oxygène à la brasserie Amos, mais l'entrave et dans sa reprise et dans sa marche en avant ... puisque les autorités françaises la mettent sous séquestre. Le vainqueur avait-il le droit de procéder ainsi ? Je ne le crois pas. La raison ... du vainqueur ... est toujours la meilleure.

    Les articles 50 à 79 du traité de Versailles (28 juin 1919) traitent du retour de l'Alsace-Lorraine dans le giron français, et j'en extrais quelques lignes :

     

    "L'Allemagne accepte les règles édictées par les nationalités et la distinction faite entre les Alsaciens-Lorrains de race et les immigrés allemands, ceux-ci soumis, s'ils veulent acquérir la nationalité française, à des conditions précises, ceux-là recouvrant de plein droit leur nationalité ; une catégorie intermédiaire est admise à la réclamer dans le délai d'une année à dater de la mise en vigueur du traité. Les territoires de l'Alsace-Lorraine font retour à la France, francs et quittes de toutes dettes publiques ; la France entre en possession de tous biens et propriétés de l'Empire, des États allemands ou de la Couronne, y compris les biens personnels des souverains allemands. »

 

 

 

Hors texte - Signature de Traité de Versailles

Si la "Brauerei Amos Aktiengesellschaft" était incontestablement une société de droit allemand, seuls des "Alsaciens-Lorrains de race" et des Français, par contre, détenaient la totalité du capital. Comment expliquer cet abus d'autorité ? En poussant plus loin nos investigations :

 

"Et, en conséquence, de cette déclaration, il n'est réclamé à l'Allemagne aucune indemnité en compensation des dépenses militaires et de la plupart des dépenses civiles exceptionnelles commandées par l'état de guerre, qu'auront à supporter les puissances de l'Entente depuis le 2 août 1914, jusqu'à la signature du traité de paix."

 

Mais, à combien s'élevait l'ensemble "des dépenses militaires et des dépenses exceptionnelles" ? Le Gouvernement les évalue :

 

"Pour la France seule, l'ensemble des dépenses militaires et des dépenses exceptionnelles des services civils qui ne seront pas remboursées par l'Allemagne atteindra, au 31 décembre 1919, d'après les évaluations du Gouvernement, une somme de 143 milliards environ."

 

Pour récupérer ce déficit - simple hypothèse de ma part - des fonctionnaires, par trop zélés ou avec un accord tacite des autorités, ponctionnent, sans vergogne, les "Alsaciens-Lorrains de race". Avant de terminer, rappelons que Gustave Amos fait partie du premier Conseil municipal français de la ville de Metz, la municipalité Winsback. Les élections se déroulent les 30 novembre et 7 décembre 1919.

Hors texte – Mairie de Metz

Jean Amos

       (Fig. N° 25)

Fig. N° 25 Doc. Amos - Jean Amos 1920-1949

     Jean Amos, le plus jeune fils du fondateur, succède à son frère consanguin, Gustave. Jean Amos obtiendra l'annulation de la mise sous séquestre de la brasserie ainsi que des dommages de guerre. (Fig. N° 26 et 27  

 

Fig. N° 26 Doc. Amos - Arrêté du 30 juillet 1923
Fig. N° 27 Mise en forme de l’arrêté du 30 juillet 1923

L'augmentation de la M.B.A. (Marge Brute d'Autofinancement) (Fig. N° 28) permettra à Jean Amos de moderniser la brasserie Amos :

Fig. N° 28 Marge Brute d’Autofinancement ou Cash-flow
  •    Construction de nouvelles cuves de fermentation et remplacement des foudres de bois par des tanks en acier vitrifié de 45 000 hectolitres.

  • Dérivation d'une conduite d'eau de Gorze, appartenant au réseau A L (SNCF), et pompage des eaux de la Moselle pour alimenter la brasserie en eau.

  • Rénovation de la salle de fermentation : 8 cuves en ciment et 10 cuves en acier émaillé de 2 à 4 cents hectolitres.

  • Installation d'un filtre dans la salle de brassage qui permet la fabrication de 4 brassins par jour, soit 1 000 hectolitres de bière.

  • Achat d'une laveuse automatique, avec soutireuse à fûts d'un débit de 80 hectolitres par heure.

  • 1930. Construction d'un bâtiment, de l'autre côté de la rue Mangin, abritant garages, ateliers et magasins. (Fig. N° 29)

     

Fig. N° 29 Doc. Amos - Nouveau bâtiment - 1930

Jean Amos et la publicité

 

Jean Amos connaissait la légende de Gambrinus, métathèse de Jean Primus, duc de Brabant, et imposa son image qui devint le symbole de la brasserie sablonnaise. (Fig. 30)

Intéressons-nous à la légende de ce personnage, selon Charles Deulin :

 

« Gambrinus était un jeune verrier de Fresnes-sur-l'Escaut, qui était follement amoureux de la belle Flandrine, la fille de son patron. Mais cette dernière se moquait bien de lui. Gambrinus chercha l'oubli dans le jeu, dans le vin, dans le cidre normand, le poiré manceau, l'hydromel gaulois, le cognac français, le genièvre hollandais, le gin anglais, le whisky écossais, le kirsch germain, mais tous les alcools ne firent qu'alimenter la fournaise. Plus il buvait, plus il enrageait. Il ne lui restait plus qu'à chercher conseil auprès du diable. Celui-ci fit un miracle : il fit surgir de terre une houblonnière. Et le diable lui dit avec un grand sourire :

 

"La fleur va te guérir du mal d'amour."

 

Une brasserie, construite par magie, se mit à fonctionner et le malin en donna la clef et la maîtrise à Gambrinus :

 

"Tu fabriqueras le vin flamand. »

 

Grâce à la plante sacrée, la bière, pareille au jus de la vigne, pourra vieillir dans les tonneaux.

Mais le rusé Gambrinus voulait se venger de toute la population de Fresnes, qui se moquait de ses amours contrariés et le diable lui conseilla de fabriquer un carillon de verre qui fit danser comme des fous tous les gens du pays. Gambrinus, récompensé dignement pour avoir apporté ce breuvage à l'humanité, fut fait duc de Brabant, comte des Flandres et seigneur de Fresnes. II fonda la ville de Cambrai et oublia Flandrine. II vécut 100 ans sans nouvelle de l'enfer et quand le diable vint chercher son dû, il ne trouva qu'un tonneau de bière vide. II existe une autre version dans laquelle Gambrinus fait tellement boire le diable, quand celui-ci vient chercher son âme, que le diable ivre est reparti en l'oubliant. »

 

Jean Amos et la politique locale

 

Tout en dirigeant de main de maître la brasserie, il fait partie, comme son frère Gustave, du conseil municipal de Metz. Adjoint au maire, il siège également au conseil général

 

Fig. N° 30 Gambrinus, le roi de la bière
Hors texte – Place d’Armes

Jean Amos et l'évolution du capital

 

  • 30 juin 1923 = 4 000 000 francs (Fig. N° 31)

  • 22 novembre 1924 = 8 000 000 francs (Fig. N° 32)

  • 15 février 1936 = 7 060 000 francs (Fig. N° 33)

  • 9 décembre 1939 = 14 120 000 francs (Fig. N° 34)

  • 27 juillet 1946 = 52 244 000 francs (Fig. N° 35)

Fig. N° 31 Doc. Amos - Capital 4 000 000 - 30 juin 1923
Fig. N° 32 Doc. Amos - Capital 8 000 000 – 22 novembre 1924
Fig. N° 33 Doc. Amos - Capital 7 060 000 – 15 février 1936
Fig. N° 34 Doc. Amos - Capital 14 120 000 – 9 décembre 1939
Fig. N° 35 Doc. Amos - Capital 52 244 000 – 27 juillet 1946

 

Jean Amos et le social


 

  • 1920 - Gratifications (Employés) (Fig. N° 36)

  • 1938 - Gratifications (Ouvriers) (Fig. N° 37)

  • 1938 - Primes d'ancienneté (Employés) (Fig. N° 38)

  • 1939 - Gratifications (Employés d'expédition) (Fig. N° 39)

  • 1945 - Primes d'ancienneté (Employés) (Fig. N° 40)

  • 1945 Pensions (Employés) - Subventions (Ouvriers) (Fig. N° 41)

  • 1948 - Primes d'ancienneté (Employés et Ouvriers) (Fig. N° 42)

  • 1948 - Pensions (Employés) - Subventions (Ouvriers) (Fig. N° 43)


Fig. N° 36 Doc. Amos - (1920) – Gratifications (Employés)
Fig. N° 37 Doc. Amos - (1938) – Gratifications (Ouvriers)
Fig. N° 38 Doc. Amos - (1938) – Primes d’ancienneté (Employés)
Fig. N° 39 Doc. Amos - (1939) – Gratifications (Employés d’expédition)
Fig. N° 40 Doc. Amos (1945) – Primes d’ancienneté (Employés)
Fig. N° 41 Doc. Amos - (1945) – Pensions (Employés) et Subventions (Ouvriers)
Fig. N° 42 Doc. Amos - (1948) – Primes d’ancienneté (Employés et Ouvriers)
Fig. N° 43 Doc. Amos - (1948) – Pensions (Employés) et Subventions (Ouvriers)

 

   

Au cours de l’annexion (1940-1944), les nazis placent la brasserie Amos sous séquestre, vendent ses actions à la « Union Brauerei » de Dortmund. (Fig. N° 44) Jean Amos, le seul actionnaire non expulsé, fait partie du Conseil de surveillance, se trouve relégué à la 3e place et y apparaît en tant que "Kaufmann". (Fig. N° 45 et 46)

 

 

Fig. N° 44 Union Brauerei Dortmund
Fig. N° 45 Doc. Amos - Rapport d’activités (1943)
Fig. N° 46 Doc. Amos - Bilan (1943)

      Robert Frantz

         (Fig. N° 47)

Fig. N° 47 Doc. Amos - Robert Frantz Chirurgien- chef de l’Hôpital Belle-Isle 1949-1959

Si les guerres, loin de favoriser la famille Amos, la freinent dans son ascension, des êtres d'exception la remettent sur rail, dans les périodes d'après-guerre :

 

  • Gustave Amos, le fondateur, après la guerre franco-allemande de 1870 ;

  • Jean Amos, le fils du fondateur, après la première guerre mondiale ;

  • Robert et Alfred Frantz, les petits-fils du fondateur, après la seconde guerre mondiale.

     

    Le docteur Robert Frantz, largement épaulé par son frère, maître Alfred Frantz, profite de la reprise économique de l'après-guerre pour donner à la brasserie une nouvelle impulsion :

     

  • La firme luxembourgeoise METOUBEL cède à la brasserie Amos une licence d'exploitation de son procédé de houblonnage (Fig. N° 48 et 49)

  • La brasserie abandonne la traction animale pour la traction par véhicule automobile (Fig. N° 50 et 51)

  • Modernisation de l'embouteillage (Fig. N° 52)

  • Renouvellement du matériel des cafés : matériel détruit ou endommagé (Fig. N° 53)

Fig. N° 48 Doc. Amos - Licence d’un procédé de houblonnage
Fig. N° 49 Doc. Amos - Licence d’un procédé de houblonnage (suite et fin)
Fig. N° 50 Doc. Amos - Abandon de la traction animale …
Fig. N° 51 Doc. Amos - … pour la traction par véhicule automobile
Fig. N° 52 Doc. Amos - Modernisation de l’embouteillage
Fig. N° 53 Doc. Amos - Renouvellement du matériel des cafés

Paul Amos

   Fig. N° 54

Fig. N° 54 Doc. Amos - Paul Amos 1959 -1965

 

 

Président d'honneur, jusqu'en 1965, il délèguera tous ses pouvoirs à son vice-président, Gérard Frantz, et ce dès novembre 1962.

 

 

Gérard Frantz

     Fig. N° 55

Fig. N° 55 Doc. Amos - Gérard Frantz 1965

Dans un souci d'expansion, Gérard Frantz, l'arrière-petit-fils du fondateur, à qui reviendra l'honneur de célébrer le centenaire de la brasserie Amos, décide la construction de 2 unités :

 

  

  • Soutirage et embouteillage, mais de l'autre côté de la rue Mangin. ( Fig. N° 60 à 62) Aussi aménage-t-il une passerelle, reliant les 2 côtés de la rue Mangin, pour acheminer la bière, la vapeur, l'air comprimé, l'acide carbonique. (Fig. N° 56 à 59)

Fig. N° 56 Vue aérienne de la Brasserie, avant l’implantation de la passerelle
Fig. N° 57 Construction de la passerelle (Archives RL)
Fig. N° 58 Construction de la passerelle (Archives RL)
Fig. N° 59 Doc. Amos - Passerelle
Fig. N° 60 Doc. D. Cardot - Soutireuse Thonnart (Fûts)
Fig. N° 61 – Doc. D. Cardot -Soutireuse (Bouteilles)

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