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L'Histoire sous un autre Angle
L'Histoire sous un autre Angle

 

De la Théocratie à la Laïcratie

 

Cette étude suit l’évolution du problème religieux en France, et commençons par la définition de la théocratie, de la laïcité et. du gallicanisme :

 

Théocratie. « Mode de gouvernement dans lequel l'autorité qui est censée émaner directement de la divinité est exercée par une caste sacerdotale ou par un souverain considéré comme le représentant de Dieu sur la terre, parfois même comme un dieu incarné. » Définition que nous donne le Grand Robert

 

Sacre. « ...signifie aussi une cérémonie solemnelle en laquelle on donne une sainte onction aux Rois de France avec une huile qui leur a été envoyée exprès du ciel dans la sainte Ampoule. Le sacre des Rois se fait ordinairement à Rheims. Le Roy jure dans son sacre d'observer les lois de l'Eglise et de l'Estat. » Dictionnaire Antoine Furetière

 

Laïque. « Qui n’est ni ecclésiastique ni religieux. » Définition que nous donne le Littré

 

Laïcité. « Conception politique impliquant la séparation de la société civile et de la société religieuse, l'Etat n'exerçant aucun pouvoir religieux et les Eglises aucun pouvoir politique. Capitant » Définition que nous donne le Grand Robert

 

Consultons le "Toupictionnaire", dictionnaire de politique :

 

« Définition de la laïcité Etymologie : du grec ancien laikos, peuple.

Dans le langage chrétien, un laïc était au Moyen Age un "baptisé" qui n'appartenait pas au clergé. De nos jours, c'est une personne chargée de fonctions qui étaient autrefois dévolues au clergé, dans une institution catholique.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, sous la IIIe République, la laïcité est devenue une conception de l'organisation de la société visant à la neutralité réciproque des pouvoirs spirituels et religieux par rapport aux pouvoirs politiques, civils, administratifs. Le but était de lutter contre le cléricalisme, c'est-à-dire l'influence des clergés et des mouvements ou partis religieux sur les affaires publiques. La laïcité est aussi une éthique basée sur la liberté de conscience visant à l'épanouissement de l'homme en tant qu'individu et citoyen.

Concrètement, la laïcité est fondée sur le principe de séparation juridique des Eglises et de l'Etat (loi de 1905 en France), en particulier en matière d'enseignement.

Cette séparation a pour conséquence :

•        la garantie apportée par l'Etat de la liberté de conscience et du droit de d'exprimer ses convictions (droit de croire ou de ne pas croire, de changer de religion, d'assister ou pas aux cérémonies religieuses).

•        la neutralité de l'État en matière religieuse. Aucune religion n'est privilégiée; il n'y a pas de hiérarchie entre les croyances ou entre croyance et non-croyance. »

 

Gallicanisme. Il se définit par la Déclaration du Clergé de France ou des Quatre Articles, selon Michel Mourre :

 

« Déclaration des droits et privilèges de l’Eglise gallicane, adoptée l’Assemblée du clergé de France réunie à Paris le 19 mars 1682. Sorte de charte fondamentale du gallicanisme, elle comprenait quatre articles affirmait :

 

  • que le pape n’a qu’une autorité spirituelle, qu’il ne peut juger les rois dans le domaine temporel, ni les déposer, ni délier leurs sujets du devoir de fidélité ;
  • que le concile général est supérieur au pape ;
  • que les anciennes libertés de l’Eglise gallicane sont inviolables ;
  • que le pape n’est infaillible qu’avec le consentement de l’Eglise universelle. »

 

La loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat du 6 décembre 1905, aboutissement du gallicanisme, assure à l’Eglise son entière indépendance, mais possède, malheureusement, un sens nettement anticlérical voire antichrétien.

Nous vivons dans une laîcratie, intolérante, et leurs adeptes lisent l’évangile selon saint Marx, interdisent l’étude de l’Eglise et de notre civilisation, chrétienne, ne l’oublions pas,. Et professent l’athéologie – leur religion. En compensation, nous avons les dieux du stade, les « stars » du cinéma, ces étoiles filantes, des idoles, le Musée Grévin, ce nouveau panthéon, les adorateurs de reliques profanes Les jeunes se convertissent à l’Islam, de préférence au Christianisme.

Je présentai, il y a quelques années, une exposition sur l’amphithéâtre de Metz à des élèves de CM2.

Au cours de cette présentation, j’évoquai l’origine du christianisme à Metz :

 

« Clément, premier évêque de Metz, bâtit, dans l’amphithéâtre, le premier sanctuaire chrétien.»

 

Un élève me demanda :

 

« Monsieur, c’est quoi un évêque ? »

 

Pendant la guerre, un livre « France Pays de Mission » me fit découvrir l’irréligiosité de notre Pays ; ce livre me semble toujours d’actualité… Bravo ! Messieurs les laïcrates, voyez où votre intolérance nous mène, mais continuez ainsi ; l’Islam vous convertira d’office...

Du fait que j’étudie l’histoire de notre civilisation ou celle de l’Eglise chrétienne, personne ne peut m’accuser d’être un adepte du cléricalisme.

 

Cléricalisme. « Opinion de ceux qui sont partisans d’une l’immixtion du clergédans la politique. » Définition que nous donne le Grahd Robert

 

Philippe le Bel, en 1297, répond aux légats pontificaux que :

 

« … le gouvernement temporel de son royaume appartenait à lui seul ; qu’il ne reconnaissait en cette matière aucun supérieur ; qu’il ne se soumettrait jamais à âme qui vive à cet égard. »

 

Pour la France, il s’agit de la première manifestation gallicane et l’abandon de la théocratie. Dans sa bulle Ausculta, fili, du 5 décembre 1301, le pape Boniface VIII y affirme le principe de la suprématie du Saint-Siège sur les rois.

Dans une seconde bulle Unam Sanctam du 18 novembre 1302, le pape y reprend la doctrine des « deux glaives », le spirituel et le temporel, celui-ci étant soumis à celui-là. L’attentat d’Anagni sert d’épilogue à cette controverse théologique :

 

« Coup de main réalisé par Guillaume de Nogaret, envoyé de Philippe le Bel, et Sciarra Colonna contre Boniface VIII à la suite de la publication de la bulle Unam Sanctam (Toussaint 1302) et d’une menace d’excommunication lancée par le pape contre le roi de France. Le 7 septembre 1303, Nogaret pénétra dans Anagni et signifia au pape la volonté de la France de le traduire devant un concile général. Le pontife, gardé à vue dans son palais, injurié par Colonna, fut délivré par des cavaliers romains mais mourut un mois plus tard de son émotion.» (Michel Mourre)

 

Le gallicanisme disparaitra définitivement, au cours de Vatican I (8/12/1869 au 20/10/1870) : le concile adopta la proclamation du dogme de l’infaillibilité pontificale, après d’âpres discussions, auxquelles participa activement contre cette infaillibilité Mgr Paul Georges Marie Dupont des Loges.

 

Concile de Constance. « De 1414 à 1418 se tint le concile de Constance, convoqué pour éteindre le Grand Schisme d’Occident, réformer l’Eglise et mettre fin à l’hérésie (notamment à celle de Jan Huss). Des trois papes qui se trouvaient alors en présence – Grégoire XII, Jean XXIII et Benoit XIII -, le premier, reconnu comme légitime, s’effaça, et les deux autres furent déposés par le concile. Martin V fut nommé pape. Pendant le concile, la théorie conciliaire, selon laquelle le concile est supérieur au pape, fut soutenue par de nombreux Pères, notamment par les principaux représentants de l’Eglise de France, Pierre d’Ailly, archevêque de Cambrai, et Jean Gerson, chancelier de l’université de paris. C’est pour cette raison que le concile de Constance n’est pas considéré comme entièrement œcuménique par la tradition catholique (les sessions XVII-XLV, présidées par Martin V, le furent sans aucun doute). » Michel Mourre

 

Concile de Bâle. « Convoqué par Martin V pour opérer la réforme de l’Eglise, mettre fin au schisme des hussites et réunir les Eglises latine et grecque, il se réunit le 3 mars 1431 , mais fut dissous par le nouveau pape Eugène IV dès le 18 déc. De la même année. Le concile , qui ne réunissait que quatorze évêques et abbés, refusa de se séparer, continua à siéger avec l’appui de nombreux princes et d’universités, et confirma , en les aggravant , les décrets du concile de Constance sur la supériorités du concile général sur le pape. A la suite de pressions exercées sur lui par l’empereur , le pape Eugène IV consentit finalement à reconnaître le concile (bulle Dudum sacrum, 15déc. 1433). Le concile persista cependant dans son attitude hostile au Saint-Siège. En 1438,quand Eugène IV voulut transférer l’assemblée à Ferrare, le concile de Bâle rompit avec lui, déposa Eugène IV et comme hérétique et élut l’antipape Félix V (Amédée VIII de Savoie), en 1439. Le concile perdit bientôt prestige ; il se transporta à Lausanne en 1448 et, l’année suivante, Félix V abdiqua et se soumit au pape légitime. L’ œcuménicité du concile de Bâle est des plus contestables ; elle ne pourrait admise en raison de l’acceptation papale de 1433, que pour les seize premières sessions, mais l’opinion prévaut aujourd’hui que, faute de l’acceptation de ses actes par le pape, le concile n’a été œcuménique en aucune de ses sessions. » Michel Mourre

 

Pragmatique sanction de Bourges.

 

Pragmatique sanction « Nom donné à certaines ordonnances des rois de France, des empereurs allemands et des rois d »France, généralement rendues après consultation d’une assemblée et de plusieurs jurisconsultes. » Michel Mourre

 

« La pragmatique sanction de Bourges, rendue par Charles VII, le 7 juillet 1438.

Dénonçant dès le préambule les abus de la papauté et proclamant la supériorité du concile sur le pape, elle déclarait applicables en France les canons des conciles de Constance et de Bâle limitant les pouvoirs du pape. Elle ordonnait la libre élection des évêques et des abbés par les chapitres et les monastères, supprimait les réserves, les grâces expectatives, les annates, limitait les appels en cour de Rome, restreignait les effets de l’excommunication et de l’interdit. Accueillie favorablement par l’Eglise de France et par le parlement la pragmatique sanction de Bourges ne fut jamais approuvée par Rome ; les ducs de Bourgogne et de Bretagne refusèrent également de l’admettre. Elle resta en vigueur jusqu’au concordat de 1516, mais avec des fluctuations, en particulier sous le règne de Louis XI. » Michel Mourre

 

Concordat de Bologne. Le 18 août 1516, lors du Ve concile du Latran (1512-1517), le pape Léon X, Giovanni de’ Medici, et le cardinal Antoine Duprat, grand chancelier de France, représentant le roi François Ier, signent le concordat qui marque la réconciliation de la papauté avec la couronne de France. Cette affaire de « gros sous » annule la Pragmatique Sanction, supprime l’élection des évêques, des abbés et des prieurs par les chapitres. Le pape perçoit à nouveau ses annates, et le roi qui nomme aux évêchés ainsi qu’aux abbayes, devient ainsi le premier personnage de l’Église de France, détient le Trésor de l’Église de et en dispose à sa guise. Le Parlement, l’Université de Paris, le chapitre de Notre-Dame et bien d’autres s’y opposent, mais en vain. Et si la France ne bascule pas dans la Réforme, en 1517, elle le doit non parce qu’elle est la Fille aînée de l’Eglise, mais … à cette affaire de «gros sous ».

Le concordat de Bologne inféodait totalement l’Eglise de France au roi : en 1789, il n’y avait plus un seul roturier à la tête des 132 diocèses de France Les rois de France disposaient ainsi d'une arme redoutable. Louis XIV est le seul roi ayant nommé des évêques du Tiers. Les troubles civils de la Fronde (1648-1653) marquèrent profondément Louis XIV, né en 1638, qui ne s’en remit jamais :

 

FRONDE. « Nom donné aux troubles civils qui eurent lieu en France de 1648 à 1653. La noblesse et le parlement, mécontents de l'affermissement du pouvoir royal obtenu par la politique centralisatrice de Richelieu, crurent pouvoir profiter de la minorité de Louis XIV (né en 1638) pour reconquérir toutes leurs anciennes prérogatives. Ils exploi­tèrent l'impopularité de Mazarin et l'irritation suscitée dans le peuple par la grave crise des subsistances et par diverses mesures financières (réduction des rentes, augmen­tation de l'octroi, etc.). Le parlement, se sentant menacé par l'édit d'avr. 1648 qui suspendait pour quatre ans le traitement des membres des cours souveraines, refusa d'enregistrer cet édit et, à l'inspiration du conseiller Broussel et de Paul de Gondi, coadjuteur de l'archevêque de Paris, rendit l'arrêt d'union (13 mai 1648), par lequel il s'engageait à se réunir au grand conseil, à la cour des comptes et à la cour des aides pour délibérer sur les affaires de l'État. Le parlement s'érigeait ainsi en corps politique. Après avoir temporisé, Mazarin fit déclarer cet arrêt attentatoire aux droits du roi et, devant la résistance des parlementaires, ordonna l'arrestation du président de Blancménil et du conseiller Broussel. Mais les Parisiens se soulevèrent durant la journée des barricades (26 août 1648) et forcèrent la régente Anne d'Autriche à relâcher les prisonniers. La cour se retira à Saint-Germain-en-Laye (5 janv. 1649) et fit assiéger Paris par l'armée de Condé. Les parlementaires frondeurs, inquiets eux-mêmes de l'agitation populaire, s'empressèrent d'accepter la paix de Rueil (I• avr. 1649) qui leur accordait l'amnistie et assurait le cardinalat à Gondi. A la Fronde parlementaire succéda bientôt la Fronde des princes, beaucoup plus grave. Mécontent du maintien au pouvoir de Mazarin, Condé abandonna la cour et noua des intrigues avec son frère, le prince de Conti, avec le cardinal de Retz, Turenne, les ducs de Beaufort, de La Rochefoucauld, le duc et la duchesse de Longueville. Arrêté par surprise avec Conti et Longue­ville (18 janv. 1650), Condé fut enfermé au château de Vincennes. Gaston d'Orléans, oncle de Louis XIV, éternel conspirateur, se mit alors à la tête des turbulents. L'anarchie gagna les provinces. Anne d'Autriche dut rendre la liberté aux princes et fit semblant de sacrifier Mazarin qui se retira momentanément en Rhénanie (févr. 1651). Mais un désaccord étant survenu entre les deux chefs de la révolte, Condé et Gondi, la reine en profita pour commencer à rétablir son autorité et rappela Mazarin. Condé s'allia alors secrètement avec les Espagnols et souleva la Guyenne et le Poitou, tandis que Turenne, rentrant dans le devoir d'où il ne s'était égaré que par passion pour Mme. de Lonville, se ralliait à la royauté. Condé marcha sur Paris mais dut livrer aux troupes de la cour, commandées par Turenne, un violent combat, resté indécis, au faubourg Saint-Antoine (2 juill. 1652). Grâce à l'intervention de la Grande Mademoiselle, fille de Gaston d'Orléans, qui fit tirer le canon de la Bastille sur les troupes royales, Condé put entrer dans Paris mais ses insolences lassèrent rapidement les bourgeois qui le chassèrent. Condé se réfugia alors dans les Pays-Bas espagnols et une nouvelle retraite de Mazarin, à Liège permit à la reine de se rapprocher plus aisément de Retz. Dès le 21 oct. 1652, Anne d'Autriche put rentrer à Paris avec le jeune Louis XIV. A peine maîtresse du pou­voir, elle fit arrêter le coadjuteur et rappela Mazarin qui revint en févr. 1653. Ce retour marquait la fin de la Fronde, confirmée par la prise de Bordeaux par les troupes royales (août 1653). Mazarin fit condamner à mort par le parlement le prince de Condé (qui ne rentra en grâce qu'en 1659); Gaston d'Orléans fut exilé à Blois. De cette grave crise, l'autorité royale sortait finalement renforcée car elle seule s'était révélée capable de mettre un terme à l'anarchie et à la misère, après que les grands eussent révélé au peuple leur frivolité présomptueuse et leur égoïsme. Les femmes avaient joué un rôle très important dans la Fronde, notam­ment Mllede Montpensier, dite la Grande Mademoiselle, fille de Gaston d'Orléans et nièce de Louis XIII; la duchesse de Montbazon, maîtresse du duc de Beaufort; et la duchesse de Longueville, qui détourna un moment Turenne.

Bouillet cite Monglat, qui donne du nom de Fronde cette explication curieuse :

« Il y avait dans les fossés de Paris une troupe de jeunes gens qui se battaient à coups de pierre, avec des frondes. Le parlement rendit un arrêt pour défendre cet exercice; et un jour qu'on opinait, un président parlant selon le désir de la cour, son fils, qui était conseiller, dit : Quand ce sera mon tour, je fronderai bien l'opinion de mon père. Depuis on nomma frondeurs ceux qui étaient contre la cour. » Michel Mourre

 

En principe, les seconds des grandes familles de la noblesse entraient dans les ordres et occupaient les places d’évêques et d’abbés. Louis XIV réussit à mater la noblesse frondeuse en nommant des gens du Tiers, en leurs lieu et place , et ceci, ad majorem Dei gloriam, en se conformant au concordat de Bologne…

Il nous faut, à présent, revenir quelque peu en arrière et nous intéresser aux guerres de religion

 

Guerres de religion. Au cours de la période du premier mars 1562 au 30 avril 1598, nous décomptons quelque huit guerres de religion… Nous ne tenons aucun compte des nombreux édits éphémères de tolérance, de pacification , concernant la religion, durant ces 36 années …, à l'exception de l'Edit, promulgué le 30 avril 1598, celui de Nantes, édit de tolérance qui mit fin à l'intolérance :

 

« Édit de Nantes (13 avr. 1598). Édit de pacification religieuse signé à Nantes par Henri IV, afin de mettre un terme à l'agita­tion persistante des huguenots, inquiétés par son abjuration (1593). Transaction imposée par la nécessité et « dont les articles furent débattus comme avec des belligérants » 0. Bainville), l'édit de Nantes accordait aux protestants des concessions considérables : au point de vue religieux, liberté de conscience dans tout le royaume, liberté entière du culte dans tous les endroits où le protestantisme était établi avant 1597, ainsi que dans les châteaux des hauts seigneurs justiciers (environ 3 500) et dans deux localités par bailliage ; restitu­tion des anciens temples, autorisation d'en bâtir de nouveaux et de tenir des synodes ; au point de vue politique, amnistie pleine et entière pour tous les actes de la guerre, égalité civile avec les catholiques et accès à tous les emplois publics ; des chambres mi-parties, compo­sées par moitié de juges des deux religions, devaient siéger à Bordeaux, à Grenoble et à Castres afin de juger les procès dans les­quels une des parties serait calviniste ; les protestants se voyaient enfin accorder des garanties territoriales (plus de cent villes, parmi lesquelles La Rochelle, Saumur, Montauban, Montpellier), ce qui tendait à faire du calvinisme un véritable État dans l'État. L'édit de Nantes se heurta naturelle­ment à une violente opposition des catho­liques, et le parlement de Paris tergiversa deux ans avant de l'enregistrer. Dès le règne de Louis XIII commencèrent à se manifester les menaces contenues en germe dans l'édit de Nantes. On vit ainsi les protestants de La Rochelle recevoir des secours des Anglais, et Richelieu, poursui­vant son œuvre d'unité nationale, imposa aux protestants la paix d'Alès (1629), qui, en garantissant la liberté de culte et l'éga lité civile, abolissait les autres clauses poli­tiques de l'édit et enlevait aux calvinistes leurs places de sûreté.

Par convictions religieuses person­nelles, autant que par intérêt politique et par cette aspiration à l'unité qui caractérise la mentalité du siècle classique, Louis XIV, dès le début de son règne, et en dépit du loyalisme huguenot pendant la Fronde, se donna pour mission de réaliser peu à peu l'unité de foi, inséparable à ses yeux de l'unité nationale. A partir de 1661, des res­trictions croissantes furent apportées à l'ap­plication de l'édit de Nantes, tandis que se développait une active propagande pour obtenir des conversions plus ou moins for­cées : en 1676, l'académicien Pellisson, lui-même calviniste converti, créait une Caisse des conversions, alimentée par le revenu des bénéfices vacants, et qui récompensait, à raison de six livres par tête, les protestants passés au catholicisme ; vers 1680 com­mença la persécution ouverte avec les dra­gonnades (v.), inventées par Marillac dans le Poitou. Le nombre des conversions ainsi obtenues fut très grand, et Louis XIV put croire de bonne foi que l'édit de Nantes était devenu inutile puisqu'il n'y avait plus de protestants mais seulement de « nou­veaux convertis ».

 

« La révocation de l'édit de Nantes fut accomplie par l'édit de Fontainebleau (18 oct. 1685) : les pas­teurs étaient bannis, mais il était interdit aux fidèles de s'enfuir ; le culte, les temples, les écoles protestantes étaient supprimés (toutefois, ces mesures n'étaient pas appli­cables à l'Alsace). La révocation fut accueil­lie favorablement par toute l'opinion mais provoqua une suite d'effets désastreux : exode d'au moins 200 000 protestants, parmi lesquels des officiers, des industriels, des commerçants, des artisans, des agricul­teurs, qui furent chaleureusement accueil­lis par leurs coreligionnaires de l'étranger, surtout en Hollande et en Prusse, et qui constituèrent des foyers irréductiblement hostiles à la monarchie française ; révolte des Cévennes ; enfin, jusqu'au règne de Louis XVI, persé­cutions odieuses exercées contre les protes­tants restés en France.» Michel Mourre.

Sous le règne du cardinal de Richelieu, dans les années1620, ont lieu les dernières guerres de religion, dont le siège de La Rochelle. Par la révocation de l’édit de Nantes, Louis XIV se conforme à l’édit de Spire 

 

Souverainocratie. « La captivité babylonienne d'Avignon1305/1377 ainsi que le Grand Schisme 1378/1417 affaiblissent la papauté et les princes en profitent pour s'emparer du pouvoir religieux ; la diète de Spire de 1526 officialise cette prise de pouvoir :

 

"Une réponse est apportée par l'empereur Charles Quint qui par la voix de son frère, le prince de sang (Erzherzog en allemand) Ferdinand Ier décide que :

 

– la question religieuse doit avant tout être affaire des princes dans leurs états respectifs ;

– un état d'urgence doit être proclamé pour pouvoir mettre un terme aux révoltes paysannes ;

– les princes doivent mettre en œuvre des mesures pour améliorer les conditions des populations qui se sont révoltées."

 

Collé à partir de <http://fr.wikipedia.org/wiki/Di%C3%A8te_de_Spire>

 

Par la révocation de l’édit de Nantes, Louis XIV se conforme à l’édit de Spire. Abordons la période révolutionnaire.

Constitution civile du Clergé. Dans sa monumentale Histoire de l’Eglise du Christ, Daniel Rops traite de la Constitution civile du Clergé dans l’ouvrage : « L’Eglise des Révolutions ». Le paragraphe s’intitule :

« La plus grande faute de cette assemblée »

Comme toutes les polices des titres de paragraphe, elle est en caractère gras. Daniel Rops l’encadre de guillemets pour le mettre en évidence et débute ainsi :

«Le 12 juillet 1790, l’Assemblée votait une loi portant réorganisation de l’Eglise de France. »

Le pouvoir législatif - il s’agit de l’Assemblée constituante - n’émet qu’un projet de loi qui prend le nom de décret. Si le pouvoir exécutif, qui dispose d’un droit de veto, promulgue le décret, ce dernier devient alors une loi d’Etat. La Constitution civile du Clergé s’intitule décret du 12 juillet 1790 ou loi du 24 août 1790. Ce décret du 12 juillet 1790 et son corollaire, le décret du 27 novembre 1790, déclenchent un conflit religieux, mais, comme tous les auteurs ultramontains, n’accusons pas l’Assemblée constituante ni le Comité ecclésiastique de tous les maux. Avant de les justifier, rappelons qu’au cours de la Révolution nous pouvons suivre plusieurs conflits :

  • Conflits militaires ;
  • Conflits politiques ;
  • Conflits religieux. ces derniers aggravant les deux précédents. Je ne vous citerai comme conflit militaire que la première annexion territoriale, celle d’Avignon et du Comtat Venaissin, conséquence logique de la condamnation de la Constitution civile du Clergé par le pape Pie Six.

Conflits politiques. Enumérons, par ordre alphabétique, les différents clubs ou groupes que nous rencontrons, au cours de la Révolution : Babouvistes, Breton (club), Clichy (le club de), Cordeliers, Dantonistes, Enragés, Feuillants, Girondins, Hébertistes, Indulgents, Jacobins. Dans un grand élan de fraternité, les membres de ces factions vont «s'entreguillotiner »

Conflits religieux .

Culte de la Raison

Culte de l’Etre suprême

Culte décadaire.

Théophilanthropie

Sans oublier le conflit opposant les gouvernements révolutionnaires à la religion catholique : celle de la majorité du peuple français.

La Rupture du Concordat de 1516. Il nous faut reconnaître qu’en rompant unilatéralement ce traité, nous n’avions pas agi avec diplomatie. Comme l’Assemblée nationale ne peut en aucun cas s’immiscer dans les relations extérieures qui relèvent du pouvoir exécutif, la faute n’incombe nullement au pouvoir législatif, mais au pouvoir exécutif qui n’a pas fait son travail, dans ce domaine, et qui, n’étant pas d’accord avec le projet, aurait pu y mettre son veto que lui conférait la Constitution… Pourquoi l’Assemblée nationale devrait-elle porter le chapeau ? Que Daniel Rops et ses semblables revoient leur copie…

Et si Louis XVI, empreint d’un esprit machiavélique, - lui ou son entourage ; simple hypothèse de ma part - qui n’ignore pas que la majorité du peuple de France tient à sa religion, promulgue le décret de la Constitution civile du clergé, escompte ainsi le mécontentement de ses sujets, tout en retrouvant leur confiance, et discrédite, en sus, l’Assemblée nationale et les clubs…

La Subordination de l’Église de France à l’État (selon certains auteurs). Si le concordat de Bologne ne se justifie pas canoniquement, rappelons que, seule, la séparation de l’Église et de l’État assure à celle-ci son entière indépendance. Le décret du 12 juillet 1790 n’assujettit nullement l’Église de France à l’État : en effet, ce sont les électeurs qui nomment aux évêchés, et ce, conformément aux articles 1er, 2 et 3 du Titre II (Nomination aux offices ecclésiastiques) :

«Art. Ier. A compter du jour de la publication du présent décret, on ne connaîtra qu’une seule manière de pourvoir aux évêchés et aux cures, c’est à savoir, la forme des élections.

Art. 2. Toutes les élections se feront par la voie du scrutin et à la pluralité des suffrages

Art. 3. L’élection des évêques se fera dans la forme prescrite et par le corps électoral, indiqué dans le décret du 22 décembre 1789, pour la nomination des membres de l’assemblée départementale. » Archives parlementaires / BNF – Gallica

J’émets une réserve à ce décret : la participation… que vous fussiez un citoyen de confession réformée ou juive, vous pouviez y participer.

Le bref Quod aliquantum (10 mars 1791) condamnait ainsi en bloc tous les travaux de l’Assemblée constituante et le bref Caritas (13 avril 1791) rejetait le serment civique pour les ecclésiastiques. Dans ces condamnations qui entraîneront bien des malheurs, Pie VI agissait, en théocrate en ne rendant pas à César ce qui n'appartenait qu'à César.

Signature du Concordat. Onze mois de tractations secrètes ou publiques et de négociations laborieuses aboutirent, après deux ruptures et un ultimatum, à la signature du concordat entre le Cardinal Ercole Consalvi et Joseph Bonaparte, dans la nuit du 14 au 15 juillet 1801, vers deux heures du matin.

La nouvelle convention mettait un terme au schisme qui régnait dans l'Église de France, depuis l'application du décret du 12 juillet 1790. Par ses silences, lourds de signification, elle supprimait l'Église constitutionnelle, ne restaurait pas les ordres religieux, instituait la liberté des cultes et reconnaissait la laïcité de l'État français. L'inanité de la lutte fratricide, pendant onze années consécutives, entre le clergé constitutionnel et le clergé réfractaire se démontre par l'homologie du Concordat et de la Constitution civile du Clergé ; tant le premier est l'émanation de la seconde, à deux articles près.

Dès le 15 août suivant, Pie VII ratifia le Concordat et, le même jour, l'encyclique « Ecclesia Christi » annonçait la grande nouvelle au monde chrétien. Dans un premier bref, « Tam multa », il invitait les « archevêques et évêques de France, en communion avec le Saint-Siège » à se démettre de leurs sièges épiscopaux puis à les résigner entre ses mains. Dans un second bref, « Post multos labores », destiné aux archevêques et évêques « qui sans institution du Saint-Siège, occupent les sièges archiépiscopaux et épiscopaux en France » il leur demandait de quitter « incontinent leurs sièges » et leur promettait d'obtenir le pardon s'ils se conformaient à ses exhortations. Véritable apostolicide qui permettait à l'Église de France de repartir sur des bases entièrement nouvelles.

Bonaparte ratifia le traité, le 8 septembre suivant, mais il ne pouvait le promulguer avant l'approbation des Assemblées où siégeaient d'anciens Jacobins et beaucoup d'anticléricaux. Aussi prit-il son temps et l'incorpora-t-il ainsi que les « soixante-dix-sept articles organiques » (ces derniers contredisaient les termes du Concordat et ne furent jamais reconnus par le Saint-Siège) dans son projet de « Loi sur l'organisation des Cultes » qu'il fit adopter, le 8 avril 1802 par le Corps législatif épuré.

Séparation de l'Eglise et de l'Etat. La loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat du 6 décembre 1905, aboutissement du gallicanisme, assure à l'Eglise son entière indépendance, mais possède, malheureusement, un sens nettement anticlérical voire antichrétien.

Nous vivons dans une laîcratie, intolérante, et leurs adeptes lisent l'évangile selon saint Marx, interdisent l'étude de l'Eglise et de notre civilisation, chrétienne, ne l'oublions pas, et professent l'athéologie - leur religion. En compensation, nous avons les dieux du stade, les "stars" du cinéma, ces étoiles filantes, des idoles, le Musée Grévin, ce nouveau panthéon, les adorateurs de reliques profanes Les jeunes se convertissent à l'Islam, de préférence au Christianisme.

Je présentai, il y a quelques années, une exposition sur l'amphithéâtre de Metz à des élèves de CM2. Au cours de cette présentation, j'évoquai l'origine du christianisme à Metz :

 

" Clément, premier évêque de Metz, bâtit, dans l'amphithéâtre, le premier sanctuaire chrétien."

 

Un élève me demanda :

 

" Monsieur, c'est quoi un évêque ?"

 

Pendant la guerre, un livre "France Pays de Mission" me fit découvrir l'irréligiosité de notre Pays ; ce livre me semble toujours d'actualité… Bravo ! Messieurs les laïcrates, voyez où votre intolérance nous mène, mais continuez ainsi ; l'Islam vous convertira d'office...

Conclusion. Il ne nous reste plus qu’à nous débarrasser de la laïcité pour arriver à une totale liberté de conscience. Que de chemins parcourus pour nous débarrasser de la théocratie :

 

 

  • 1297                       Légistes de Philippa le Bel :
  • 1414/1418             Concile de Constance ;
  • 1431/1448 ?          Concile de Bâle ;
  • 1438                       Pragmatique sanction de Bourges ;
  • 1516                       Concordat de Bologne ;
  • 1526                       Diète de Spire ;
  • 1562/1598             Guerres de religions ;
  • 1598                       Edit de Nantes ;
  • 1685                       Révocation de l’édit de Nantes ;
  • 1790                       Constitution civile du Clergé ;
  • 1801                       Concordat ;
  • 1905                       Séparation de l’Eglise et de l’Etat ;
  •    ?                           Laîcité.

 

Les pays islamisant réussiront-ils à se débarrasser de la Charia ?

 

 

 

Arthur Holle

 

 

 

PS : En étudiant l’Histoire de l’Eglise , pour faire cette étude, ai-je fait du cléricalisme ?